DOCUMENTAIRE / PRÉVENTION DU CHOLÉRA ET ÉVEIL ENVIRONNEMENTAL DANS LES ÉCOLES DU BAS-ARTIBONITE AVEC OXFAM Imprimer
ONG
Jeudi, 30 Janvier 2014 05:14

Oxfam


• Secteur (s) : Humanitaire

• Zone (s) d’intervention : Bas-Artibonite (Grande Saline, Desdunes, Marchand, Petite-Rivière, Verrettes, l'Estère, St Marc)

• Groupe (s)-cible (s) : élèves du cycle fondamental

• Source (s) de financement : Fondations, Hope For Haiti Now (H4HN), Particuliers

• Siège (s) de l'intervenant: HAITI – Pèlerin 2 A, Pétion-Ville
USA - 226 Causeway street, 5th floor, Boston MA, 02114

Dans le cadre du programme de gestion des risques et désastres d’OXFAM dans l’Artibonite, des activités novatrices ont été envisagées pour garantir un meilleur impact des interventions. Des élèves ont été choisis comme groupe-cible spécifique dans la prévention du choléra et la sensibilisation sur les problèmes environnementaux. Cette approche est détaillée dans le texte qui suit.

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Cela fait plus de 10 ans depuis qu’OXFAM, confédération d’organisations travaillant dans l’humanitaire et le développement, dans 90 pays dans le monde, a commencé à intervenir dans l’Artibonite. Elle a déployé dans le Bas-Artibonite, sur 7 communes, deux grands programmes. L’un appuie les paysans dans la production rizicole et l’autre est axé sur la préparation de l’aide humanitaire et la gestion des risques et désastres. Chacun de ces programmes comporte une série d’activités distinctes, en même temps qu’ils sont articulés. La considération fondamentale à la base de cette articulation renvoie à l’idée que si les agriculteurs produisent des biens pour améliorer leurs conditions de vie, il faut que leurs efforts ne s’annulent pas par l’effet des désastres naturels ou autres. D’où des activités entreprises tels que : les travaux de construction, le relèvement des rebords des puits, le curage des canaux d’irrigation pour diminuer les dégâts des inondations. À part ces travaux de mitigation, s’ajoutent : la formation des membres des comités de protection civile, la sensibilisation des agriculteurs sur les changements climatiques et leur impact sur l’agriculture, la sensibilisation dans les écoles sur le choléra et la question de l’environnement en général. Mais, ce documentaire traite principalement des activités dans les écoles.


Bien-fondé des activités

Avant même de rentrer dans les détails de ces activités relatives au champ scolaire, il faudrait comprendre pourquoi OXFAM a choisi : la prévention du choléra, la question de l’environnement et les élèves comme groupe-cible.

La zone de l’Artibonite est bien connue pour la production de riz et de légumes. Elle est exposée à beaucoup d’inondations venant du fleuve Artibonite qui délaisse souvent son lit en période de grandes pluies et d’autres eaux de ruissellement venant des montagnes dénudées des environs. On se rappelle les dégâts causés par le cyclone Jeanne aux Gonaïves en 2004. Plus près de nous, en 2010, il faut également se rappeler le fléau du choléra qui a frappé ce département, causé par des déchets des troupes de la MINUSTAH basées à Mirebalais, en passant à travers la rivière de Meille pour se jeter dans la rivière la Tombe, jusqu’à atteindre le fleuve Artibonite. Ce qui signifie que ceux-là qui interviennent dans cette zone doivent tenir compte de tous ces éléments fondamentaux qui la caractérisent. Il ne sera pas abordé pour le moment le programme d’OXFAM en agriculture visant à augmenter la production de riz dans la zone. Ceci fera peut-être l’objet d’un autre texte.

 

La réalité du choléra

Pour une meilleure compréhension de cette réalité, Wasley Demorne, responsable de programme d’OXFAM, chiffres à l’appui, souligne les ravages que cette maladie continue de faire dans le pays et surtout dans le Bas-Artibonite:

‘’Si l’on se réfère aux données rendues publiques par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), on peut se rendre compte que durant les 33 premières semaines de l’année 2013, soit de janvier à juin, 6045 cas de choléra ont été enregistrés dans des CTC (Centre de traitement de choléra). Et dans l’aire de travail d’OXFAM, englobant Marchand/Dessalines, Petite-Rivière de l’Artibonite, dans les régions montagneuses particulièrement, on a recensé beaucoup de cas de choléra. Pour ces 33 premières semaines, le Ministère de la Santé Publique (MSPP), avait compté 2656 cas d’hospitalisation. Donc, comme nous travaillons avec le MSPP qui fournit ces données et qui lance assez souvent des appels pour que les acteurs travaillant dans la Vallée puissent intervenir en apportant des matériels par exemple, nous avons jugé bon d’intervenir surtout au niveau des écoles pour combler le vide existant dans la prévention du choléra.’’

Le choléra constitue un facteur aggravant de la situation prévalant dans la zone. En fait, le vibrio cholerae introduit par la MINUSTAH dans l’Artibonite est tombé dans une zone déjà en proie à de sérieux problèmes environnementaux ; ce qui a renforcé sa capacité de nuisance. Il faut aussi remarquer que certains de ces problèmes enregistrés sont liés aux changements climatiques qui affectent la planète, comme on en parle dans le monde depuis quelque temps pour réveiller notre conscience.

 

Les problèmes environnementaux

La question de changement climatique doit être raccordée aux mauvais rapports que les hommes partout dans le monde entretiennent avec l’environnement. On peut souligner entre autres, dans le cadre de la civilisation actuelle que nous avons bâtie : la production de l’électricité à partir du charbon et du pétrole pour actionner des appareils ; la multiplication de grosses usines déversant sur le marché une série de produits de consommation non indispensables ; la mise en marche de véhicules et d’avions pour faire avancer le commerce et qui dégagent beaucoup de fumée ; la destruction des arbres par-ci par là avec des incidences importantes sur l’assainissement de l’air ; l’introduction de gros outils mécaniques dans l’agriculture… Tout ceci a fini par créer une augmentation de chaleur sur la terre. Les dérèglements climatiques ainsi induits présentent plusieurs conséquences : l’augmentation de la violence des cyclones, une plus grande fréquence des inondations, le tarissement des sources et des rivières, l’accroissement de la sécheresse, l’érosion des bonnes terres amenant à la création de déserts, l’augmentation des eaux de mer dans les zones polaires découlant de la fonte des glaciers, la non productivité croissante de la pêche, etc…, sans oublier la faim et les maladies faisant ravage dans certaines sociétés.

À bien regarder, OXFAM, dans ses interventions sur la gestion des risques et désastres, se retrouve en face de plusieurs de ces grands problèmes environnementaux qui représentent de sérieux risques pour la population de l’Artibonite. Il faut mentionner particulièrement d’une part, les risques naturels tels que les inondations et les violents cyclones ; et de l’autre, un risque majeur menaçant la santé et les vies, constitué par le choléra.

Demorne souligne à notre attention quelques gros problèmes environnementaux qui représentent un défi dans l’Artibonite :

‘’Au point de vue environnemental, le déboisement constitue le plus gros problème rencontré. Il engendre la dégradation et l’érosion des terres. Vient ensuite la question des déchets de provenance interne et externe : les matières plastiques aussi bien que les déchets humains mal gérés, qui représentent un grand danger. Car quand les gens défèquent à même le sol, cela constitue une menace pour toute la communauté. Et partout dans la Vallée, dans la zone de Désarmes par exemple, une kyrielle de bouteilles plastiques jonchent le sol et envahissent les marchés. À Liancourt, on les retrouve au bord des routes. Ces déchets non dégradables, peuvent être utilisés pour fabriquer d’autres articles utiles au lieu de les laisser empoisonner notre environnement quand ils aboutissent dans les mers et les jardins.

Ces deux problèmes en engendrent d’autres, car le déboisement et la dégradation des terres causent des inondations plus fréquentes dans le Bas de la Vallée. Les canaux d’irrigation sont engorgés à chaque pluie et à chaque saison il faudrait que l’État, de concert avec d’autres agences travaillant dans la zone, les fasse curer, pour permettre aux agriculteurs de cultiver leurs jardins. Les rivières et le fleuve débordent. L’embouchure de Grande Saline assez souvent est remplie, puisque l’eau n’est pas retenue par les arbres. À la moindre pluie, le fleuve laisse son lit et envahit le Bas de Grande Saline, Robinet, Rossignol, Dauphine, rendant ces localités impraticables. D’autres impacts sur l’environnement ne sont pas mentionnés ici. Ils sont causés principalement par ces deux gros problèmes que nous venons d’identifier.’’

 


 

Les élèves comme groupe-cible

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Dans le travail avec les habitants de la zone pour chercher des solutions à ces problèmes ou bien pour leur permettre de résister contre eux, OXFAM s’est rendue compte que les intervenants en général associent très peu les enfants à leurs activités. Aussi définit-elle une autre approche, comme l’explique Demorne :

‘’Nous ciblons les élèves pour ces deux activités (prévention du choléra et éveil environnemental), parce que dans les campagnes menées depuis 2 ans par OXFAM avec le Ministère de la Santé Publique, en particulier la Direction Sanitaire de l’Artibonite, pour prévenir le choléra au niveau de la Vallée, nous avons constaté que le secteur scolaire n’a pas été réellement touché. Et quand on considère la fragilité des enfants d’une part et de l’autre, leur grande capacité d’apprentissage et de transmission de connaissances acquises, nous avons vu la nécessité de transformer ce manquement en une opportunité pour entreprendre une action pouvant avoir un impact certain, un gros impact.’’

concours dessinDepuis septembre 2011, OXFAM avait initié sur le terrain un programme de préparation humanitaire et de gestion des risques et désastres qui a été renforcé ensuite par d’autres activités. Ainsi, en novembre 2011, après un accord signé avec le MSPP via le département sanitaire de l’Artibonite, la prévention du choléra dans les communautés a été lancée. Mais, bien avant, en accomplissant des travaux de mitigation tels que le curage des canaux, le nettoyage et la réhabilitation des puits, la distribution de kits d’hygiène, etc.. les intervenants étaient parvenus à la conclusion qu’il fallait entreprendre d’importants travaux de réhabilitation de l’environnement. Mais, étant donné que les moyens faisaient défaut et qu’il n’a pas été possible d’investir dans ce domaine, comme d’autres organismes ont tenté de le faire, OXFAM a choisi de faire des plaidoyers et de sensibiliser la population sur ce problème. Il était aussi clair que la progression du choléra était en étroite liaison avec la gestion non hygiénique de l’environnement. Ainsi, dans ce contexte ont été initiées dans les écoles, en Mars 2013, des activités de prévention du choléra, complétées par la sensibilisation sur l’environnement.

L’officier de projet sur le terrain explique comment dans le cadre des activités sur la prévention du choléra dans les communautés, ils ont compris la nécessité de travailler avec les élèves et de raccorder ces activités à la question de la protection de l’environnement :

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‘’Je m’appelle Vilma Enock. Je travaille avec OXFAM AMERICA dans le cadre d’un partenariat existant depuis 2 ans entre la Direction Sanitaire de l’Artibonite et OXFAM AMERICA. Nous avons commencé à travailler sur un programme d’urgence sur le choléra, axé surtout sur la sensibilisation de la population pour la mise en pratique des principes d’hygiène. Nous avions compris que l’une des meilleures façons de prévenir le choléra consiste à mettre en pratique les principes d’hygiène. Nous avons ainsi fait beaucoup de porte-à-porte pour sensibiliser les gens. Nous avons préparé et formé des animateurs, des superviseurs qui ont arpenté les sections communales, dans le cadre de cette campagne de sensibilisation, d’information, sur le respect des principes d’hygiène, en vue d’empêcher la propagation du choléra, cette épidémie qui a pris naissance dans le département de l’Artibonite. Mais, en cours de route, nous nous sommes rendus compte qu’un groupe a été négligé, et, si on investissait dans les enfants, on obtiendrait de meilleurs résultats. Car ceux-ci peuvent retransmettre les messages chez eux, quand ils reviennent de l’école, à travers de petites histoires, des poésies et autres choses apprises. On pourrait familiariser beaucoup plus la population avec les règles d’hygiène et la stimuler à les mettre en pratique. Nous avons donc commencé à travailler avec les enfants, du préscolaire à la 9e année. Nous avons aussi constaté que le choléra est lié aux problèmes de l’environnement. Dans les communautés n’ayant pas de latrines, les gens défèquent à même le sol. Si nous sensibilisons les gens pour qu’ils pratiquent les principes d’hygiène et qu’ils continuent à déféquer par terre, nous travaillerons en vain. Donc il faut porter les gens à respecter leur environnement. Le département de l’Artibonite a été frappé par plusieurs catastrophes telles que : inondations, cyclones (Anna et Jeanne tout récemment). Nous avons réalisé que le manque de respect pour l’environnement a occasionné toutes ces victimes que nous avons enregistrées. Ce qui nous a poussés à apprendre aux enfants la notion de l’environnement, à les inciter à le protéger en faisant le reboisement et en évitant de déféquer près des rivières et des sources d’eau, pour ne pas mettre en péril la vie de tous ceux qui vivent autour d’eux.’’

 

-Les écoles touchées

Demorne, le responsable de programme de l’OXFAM, indique les différentes communes du Bas-Artibonite où ces activités sont développées dans des écoles. Il présente quelques données chiffrées sur les écoles et l’ensemble des enfants touchés :

‘’Nos interventions s’étendent sur 7 communes : 7 écoles à Grande Saline, 11 à Petite-Rivière de l’Artibonite, 5 à Desdunes, 7 à Marchand Dessalines, 7 à l’Estère, 7 à Verrettes, et 6 à La Chapelle. Au total, pour la prévention du choléra on a touché 50 écoles,et pour l’activité d’éveil environnemental, 25 seulement de ces 50 en ont bénéficié.

Pour le choléra, les écoles bénéficiaires sont publiques et privées, tandis que pour l’éveil environnemental, étant donné que nous ne disposions pas de moyens suffisants, nous avons retenu les écoles ayant le plus d’effectifs, appartenant essentiellement au secteur public. Et nous avons pu toucher 5652 enfants dont 2862 fillettes. Pour l’activité de prévention du choléra, 12 000 enfants environ en ont bénéficié.’’

 


 

La stratégie de formation et d’intervention

Un coup d’œil jeté sur l’équipe qui a été mise sur pied pour le travail dans les écoles avec des enfants du préscolaire à la 9e année fondamentale a permis de dénombrer les membres suivants :

1 responsable de programme basé à St Marc, normalien, instituteur ; 1 médecin, 1 infirmière, 1 consultante spécialisée dans le développement et la gestion de l’environnement ; 2 superviseurs (1 pour le choléra, 1 pour l’environnement) ; 14 animateurs dont 7 pour la prévention du choléra et 7 pour l’éveil environnemental.

On peut remarquer qu’il y a eu 2 groupes d’animateurs. Wasley Demorne explique les raisons :

‘’L’articulation des formations a été faite en insistant sur le lien existant entre la protection de l’environnement et la prévention du choléra. Mais étant donné que les animateurs devaient maîtriser beaucoup de données techniques sur le choléra en un temps record et il a été de même pour la protection de l’environnement, puisqu’il fallait aborder le changement climatique, l’effet de serre, le cycle de l’eau, etc.., tous des thèmes un peu compliqués qu’ils devaient appréhender en très peu de temps, on a pris beaucoup de précautions. On a donc décidé d’utiliser deux groupes d’animateurs différents pour faciliter l’assimilation de la formation reçue et empêcher la confusion des données dans le travail sur le terrain. On leur a seulement montré les relations entre les deux champs, mais on n’est pas rentré dans les détails avec eux.’’

Enock Vilma précise le rôle de chacun des membres de l’équipe de formation et le mode d’organisation de celle-ci :

‘’Le staff de formation comprenait d’abord moi-même, comme éducateur et officier de projet ayant pour mission de coordonner toutes les activités de terrain menées par les animateurs et les superviseurs et de vérifier effectivement si les messages sont passés à travers les écoles. J’intervenais aussi sur les préparations et présentations des leçons. Puis, un médecin et une infirmière formaient les animateurs sur le choléra et les règles d’hygiène à mettre en application pour prévenir cette maladie. Et enfin, Mme Tania Merceron était responsable de tout ce qui avait rapport avec l’environnement et l’écologie.’’

Mais, à bien regarder, l’équipe d’intervention était plus grande, parce que la formation touchait directement non seulement des animateurs et des superviseurs, mais également 50 directeurs pour le choléra, 22 pour l’environnement et une douzaine de professeurs. En outre, près de 300 professeurs ont bénéficié des restitutions faites par les animateurs.

 

Vilma précise la durée des sessions :

‘’À part la formation de 4 jours dispensée aux animateurs, dans un premier temps nous avons organisé la formation pour 50 directeurs d’écoles qui a duré environ 3 jours. Nous avons organisé une formation pour les professeurs qui a également duré 3 jours.’’

En plus de l’aspect prévention du choléra de la formation, d’autres approches ont été adoptées pour faire face aux éventuels cas qu’on aurait pu enregistrer dans les écoles au cours de ces activités. Il faut pourtant noter que cette situation ne s’est pas présentée dans la pratique, à part quelques 2 ou 3 enfants ayant attrapé cette maladie dans la zone d’intervention. Vilma nous parle de cette expérience :

‘’Il ne s’agit pas uniquement des formations qui se font en salle de classe avec les enfants. Pour les écoles, une brigade a été aussi montée avec le directeur d’école qui reçoit la formation ainsi que des professeurs. On leur apprend ce qu’ils doivent faire, puis les animateurs comme techniciens ont été chargés de les aider à mettre en place cette brigade au sein de l’établissement. Ils doivent faire le nécessaire au cas où il y aurait des cas suspects de choléra requérant des interventions rapides, soit pour transporter les enfants vers un CTC, un ETC ou autres. L’école doit en fait continuer à fonctionner normalement sans déranger les conditions de travail tout en assurant une certaine sécurité. Car on ne peut pas fermer les portes de l’établissement uniquement pour cette raison. On doit plutôt mettre en place des structures pour protéger les autres élèves qui ne sont pas infectés, pour qu’ils puissent continuer normalement leur travail tout en prenant soin de ceux qui sont affectés.’’

Eleves

 


 

S’agissant toujours des séances de formation dans les écoles à l’intention des enfants, Vilma précise l’approche pédagogique adoptée par les animateurs dans les salles de classe, selon qu’ils sont en présence de petits ou de grands élèves :

‘’Dans certaines classes, l’animateur devait faire 4 à 5 interventions pour arriver à faire passer le message. Nous étions limités. Nous n’avions qu’un seul animateur pour des écoles comportant 12 salles de classe. Par exemple pour une école avec des classes jusqu’à la 9e année, l’animateur devait organiser des focus-groupes avec les élèves de 7e, 8e et de 9e années. Ensuite il devait faire des présentations dans les autres de niveau plus bas.

Certaines fois, pour un groupe d’élèves de 4e, 5e ou 6e année, trois (3) interventions seulement suffisaient pour la maîtrise du contenu. Tandis qu’en 1re année généralement, plus d’interventions étaient nécessaires pour l’assimilation des notions par les enfants. De toute façon on ne pouvait pas dépasser 5 sessions par classe parce que c’était un tout petit projet de 3 mois. Nous étions donc obligés de rester dans les délais.’’

S’agissant du matériel de formation pour les élèves, pour le choléra particulièrement, des images ont été utilisées. Mais, pour l’environnement, la formatrice avait recommandé de faire, durant une session, 1/3 théorie et pour les autres 2/3 du temps, il fallait sortir en dehors de la classe avec les enfants pour organiser des jeux. Les enfants ont aussi dessiné et des matériels de démonstration pratique pour le lavage des mains, le traitement de l’eau et la simulation de l’érosion sur les terres déboisées, ont été prévus. Pour l’apprentissage des animateurs, on s’est servi de deux guides : un pour la formation sur le choléra préparé par le MSPP et l’autre pour la formation sur l’environnement conçu par la consultante de l’OXFAM, Tanya Merceron.

 

Concernant l’aspect pratique des cours, Vilma nous en parle :

‘’Lorsque l’enfant arrivait à saisir l’essentiel de tout ce qu’il devait faire pour se protéger contre l’épidémie, nous mettions à sa disposition des moyens pour passer de la parole aux actes. Par exemple, pour le traitement de l’eau, par salle de classe nous avons donné un gallon de chlorox, de façon à rendre disponible ce produit pour au moins 6 mois. Chaque classe a bénéficié d’un kit contenant des éléments comme l’Aquatab. Nous avons aussi donné du savon pour qu’ils puissent se laver les mains avant le goûter au cours de la recréation et un saut à robinet pour emmagasiner l’eau traitée nécessaire. Et dans le kit, on pouvait trouver du sérum oral pour les premiers soins aux éventuelles victimes de choléra.’’

Le superviseur des activités de prévention du choléra, Wilder Toussaint, souligne comment les animateurs, dans leurs leçons allient théorie et pratique. Il nous en donne un exemple :

‘’Ils utilisent des méthodes pour faciliter la compréhension des enfants. Celles-ci sont à la fois théoriques et pratiques. Ils ont également un langage adapté. Leur enseignement se base sur des démonstrations. La floculation par exemple est présentée aux enfants. Ils prennent un floculant, un petit support contenant une sorte de poudre capable de réagir au contact de l’eau si celle-ci contient un niveau élevé de turbidité, i.e. contient de la boue. Par exemple, avec ce procédé, l’eau en provenance d’un canal (d’irrigation) s’éclaircit après quelques minutes. Non seulement elle devient claire mais une fois le traitement complété avec du chlore, elle devient potable également. Et, à la fin de la démonstration, l’animateur en boit un peu en présence des enfants pour leur montrer que l’eau traitée ne présente aucun danger et surtout pour prouver qu’eux-mêmes ils appliquent ce qu’ils leur enseignent.’’

 

Les Outils de formation

Le guide de formation pour le travail sur le choléra dans les communautés, préparé par le MSPP, contient une série de notions clés par rapport aux connaissances à inculquer aux enfants. Le superviseur Wilder Toussaint cite quelques chapitres développés par les animateurs dans les salles de classe :

‘’Les animateurs travaillent sur de nombreux thèmes tels que : « traitement de l’eau », « lavage des mains », « assainissement », « hygiène » et « gestion de déchets ». Dès lors, l’enfant sait comment se laver les mains et il identifie d’autres barrières permettant de diminuer les risques de maladies. L’animateur, après sa formation, transmet aux élèves les connaissances concernant la façon de gérer les déchets, de préparer des poubelles, de faire la décantation de l’eau par la floculation, de traiter l’eau, de respecter les principes d’hygiène corporelle et d’évacuer les eaux usées.’’

L’objectif étant d’inciter les enfants à appliquer les principes d’hygiène pour ne pas attraper la maladie du choléra.

Noter comment une animatrice organise une leçon dans les classes placées sous sa responsabilité :

‘’Je m’appelle Betty Cadet. Je travaille dans la prévention du choléra. Les formations que je donne pour OXFAM sont variées. J’assure des séances dans les écoles et aussi à l’intention des groupements communautaires. Je suis en charge d’environ 10 écoles dans le bourg de Petite-Rivière et autour de celui-ci. Parmi les écoles nationales touchées, je peux citer : l’école nationale Mme Pageot, l’école nationale Calvaire, l’école nationale Jumelle, l’école nationale François Capois, l’école nationale Gwo Chodyè.

Voici comment je procède. Je commence par me présenter. Je leur dis que je suis une animatrice. Après cette introduction, j’essaie de les familiariser avec moi. Puis je passe à la phase d’entrée en matière pour exposer le cours. Je leur donne le plan du cours et je leur explique le contenu. Puis, je leur donne une petite définition du choléra en précisant qu’il est causé par un microbe appelé « vibrio cholerae ». Je fais un petit historique de la maladie et j’identifie avec eux les barrières.

J’exhibe une planche qui leur montre un puits non recouvert dans une communauté avec des poules qui s’y abreuvent, et aussi des enfants qui défèquent à même le sol. Et ensuite, je leur présente une autre image en comparaison où, cette fois-ci, le puits est entretenu selon les principes d’hygiène.

J’ai demandé aux élèves d’identifier les causes du choléra et les barrières qui empêchent sa propagation. Ils avaient très bien compris. Je leur ai montré également les 5 principes d’un bon lavage des mains. Premièrement, on doit prendre du savon et verser de l’eau sur ses mains ; deuxièmement, il faut savonner les mains ; troisièmement, nettoyer ses ongles ; quatrièmement, rincer vigoureusement ses mains et enfin lever ses mains en l’air pour dire « wewewe » au lieu de sécher ses mains avec du papier ou des serviettes qui ne sont pas propres.

Jusqu’à présent, quelque soit l’école où je passe, les enfants peuvent aisément chanter cette chanson qui dit comment on doit protéger les légumes et les fruits.’’


 

Quant au Guide sur l’environnement, il contient les chapitres suivants : l’environnement et le système écologique ; la diversité biologique référant à toutes formes de vie repérables sur la terre ; l’identification des problèmes environnementaux du pays ; le changement climatique causant des problèmes sur la planète et les mesures à adopter pour retrouver l’équilibre de la vie.

Dans la conception de ce travail, la consultante Tanya Merceron s’est inspirée d’une expérience plus structurée menée à Costa Rica dans un réseau d’écoles primaires. Le guide apporte quelques éléments sur l’histoire environnementale d’Haïti, en considérant particulièrement la question de déboisement. Il souligne qu’on peut parler d’équilibre écologique seulement quand un pays dispose de 30% de forêt, alors qu’en Haïti nous n’en avons même pas 2%. Il explique comment 3 siècles d’exploitation de la main-d’œuvre esclave par des colons espagnols et français pour l’extraction minière et l’économie de plantations axée sur les exportations vers l’Europe, ont détruit 45% de nos forêts. Après l’indépendance, les gros bonnets haïtiens ont commencé à exporter du bois destiné à la confection de meubles. Puis, à partir de 1915, sous l’Occupation américaine, des Compagnies comme la SHADA ont déboisé plusieurs milliers de carreaux de terre pour installer des plantations de produits d’exportation tels que le sisal, le caoutchouc. En 1956, le pays disposait de 20% de couverture forestière. Et, du gouvernement de François Duvalier (1957) à celui du Général Prosper Avril en 1987, il n’en restait que 2%.

Le guide signale aussi à l’attention des animateurs l’absence d’une politique de réforme agraire adressant le problème de la majorité des paysans sans terre ou possédant un lopin de terre pour assurer leur survie. Il traite également des paysans qui ne peuvent pas tirer profit des produits de leurs jardins à cause des échanges inégaux sur le marché, tout en mentionnant que ceux-ci ont recours à des activités jugées plus rentables comme la fabrication du charbon de bois, le petit élevage libre qui, toutes, détruisent l’environnement.

La formation des animateurs sur l’environnement vise à habiliter ceux-ci à inculquer aux élèves la notion de l’environnement conçu comme tout ce qui nous entoure, notre espace de vie contenant : l’eau, les arbres, les animaux, l’air que nous respirons, la terre, les paysages, etc.. Les enfants doivent aussi savoir quelle relation entretenir avec cet environnement et identifier les problèmes environnementaux prévalant dans leurs zones, plus spécialement le déboisement, la défécation à même le sol, les immondices, les déchets plastiques et leurs mauvaises conséquences sur la santé des gens. Il s’agit de changer le comportement des enfants pour qu’ils puissent grandir avec des tendances, des élans les portant à protéger l’environnement. Pour le côté pratique de la formation, 1,500 plantules ont été distribuées à la fin des sessions dans les écoles.

 

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Premières retombées

Quels sont les premiers changements induits par ces activités dans les écoles ?

Dans les 50 écoles fondamentales ciblées dans le Bas-Artibonite, les directeurs et les professeurs comprennent bien le rôle que doit jouer l’école pour freiner la propagation du choléra. Dans 25 de ces écoles, ils ont en plus compris ce que cette institution peut faire pour susciter un réveil chez les habitants des communautés en vue de les inciter à protéger leur environnement.

 

Points de vue de directeurs

À Petite-Rivière de l’Artibonite, l’école de Mme Pageot, située au haut du Fort de la Crête-à-Pierrot, compte 350 élèves répartis dans 9 classes. Le directeur, Servi Chenet, déclare avoir toujours organisé chaque matin des séances d’éducation sur le choléra, bien avant les activités d’OXFAM dans cet établissement. Mais, il explique comment ses connaissances ont été enrichies et évoque d’autres bénéfices qu’il a tirés de cette intervention :

‘’Nous avons participé à tous les séminaires. Le 1er c’était sur l’environnement, le 2e sur le choléra. Nous pouvons dire que nous en savons beaucoup plus maintenant qu’avant. Nous ne savions pas si le téléphone pouvait contenir des germes du choléra, de même pour les murs qui éventuellement peuvent être contaminés par des vomissures ou autres déchets provenant d’une personne infectée. Nous ne savions pas non plus si le choléra pouvait durer toute la saison sèche et qu’à la moindre pluie l’épidémie pouvait encore resurgir. Nous avons beaucoup appris sur l’environnement. De plus il est devenu une nouvelle matière ajoutée au bulletin scolaire de l’école de Mme Pageot. De plus, OXFAM nous avait remis des plantules. Etant donné que nous avons peu d’espace, nous en avons perdus quelques-unes, mais nous pouvons dire par-dessus tout que nous avons pu sauver tout de même 2 manguiers. Cependant les autres que nous avons distribués ailleurs sont tous en vie.’’

Hilaire Léonidas dirige l’École Nationale de Grande Desdunes. Cette institution comptant des classes de 1e année à la 7e a bénéficié aussi des interventions. Il dit ce qu’il en a tiré :

‘’Nous avons appris beaucoup de choses que nous ignorions. Nous les professeurs en Haïti, nous ne pouvons pas attribuer à notre mauvaise rémunération le fait d’essuyer nos mains au lieu de les laver avant les repas quand nous avons fini d’utiliser la craie pour écrire au tableau. Maintenant, nous savons que même après avoir échangé une poignée de mains, on doit se laver les mains. Avant de porter quoi que ce soit à la bouche il faut les laver. C’est ce qu’on a appris. Et, depuis, je ne commets plus de négligence, je rends l’eau propre disponible sur la cour de l’école pour le lavage des mains car je sais qu’on attrape le choléra par la bouche.’’

 


 

Points de vue de professeurs / animateurs

Nous avons aussi rencontré des professeurs qui ont bénéficié de la formation dispensée. Ils nous font part de ce qu’ils ont constaté quelque peu comme changement dans le comportement des enfants.

Voici ce que rapporte un professeur de 4e année fondamentale à l’École de Mme Pageot :

‘’On peut observer un changement dans le comportement des enfants. Dès qu’ils reviennent de la recréation, ils boivent de l’eau mais ils se lavent d’abord les mains. Étant donné qu’ils couraient, jouaient ; donc ils ont pensé à se laver les mains avant de boire.’’

Joseph Lafontant, professeur de 5e année fondamentale à l’École Nationale de Grande Desdunes partage avec nous ses constatations :

‘’Ce que je vois comme changement chez les enfants c’est qu’ils avaient parfois l’habitude de jeter des papiers, des emballages de bonbons ou d’autres sucreries dans la salle de classe, mais maintenant ils ne le font plus. Ils vont les jeter dans la poubelle installée sur la cour.’’

Betty Cadet, animatrice, nous fait part de sa satisfaction du travail accompli avec les enfants :

‘’La formation que j’ai donnée ne s’est pas révélée vaine, parce que des parents m’ont confié que leurs enfants leur ont appris la chanson sur la façon de se laver les mains. Et j’avais demandé aux enfants de ne pas laisser aux abords de leur maison les cochons dans le même espace que des ustensiles de cuisine. Effectivement, certains parents m’ont dit que leurs enfants ont appliqué ces conseils.’’

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Points de vue de parents

Quelques parents interrogés ont avoué avoir remarqué quelques changements d’attitude chez leurs enfants .

Voici les propos d’Hilaire Benjamin, qui a un enfant à l’École Nationale de Desdunes :

‘’Avant ce programme d’OXFAM, ils étaient négligents. Par exemple, l’assiette en polystyrène dans laquelle ils mangeaient, ils la jetaient après n’importe où. Ils n’accordaient pas d’importance aux arbres. Maintenant ils ont plus envie de planter que de déboiser. Les enfants nous posent des questions. Ils disent : ‘papa, maman, pourquoi ne plantez-vous pas d’arbres ? parce que les arbres ont beaucoup d’importance pour nous’. Ce sont ces propos que les enfants tiennent à la maison et je pense que c’est grâce aux activités d’OXFAM.’’

Un autre parent, Sentilya Sentil (Desdunes) fait état de ses observations :

‘’Si par exemple ils sortent des toilettes, ils se lavent les mains et ils n’ont pas cette maladie (choléra). Dans la zone où j’habite, on n’enregistre pas non plus cette maladie.’’

 

Points de vue d’élèves

Quant aux élèves, on a pu remarquer que certains rencontrés à Petite-Rivière de l’Artibonite et à Desdunes ont retenu quelques notions.

Prenons le cas de Christina Chérison, élève de 4e année fondamentale, à Petite-Rivière dans son essai de définition de l’environnement :

‘’L’environnement, ce sont tous les éléments comme les ressources naturelles : terre, eau, arbres. Pour que l’arbre puisse grandir droit, il faut bien le placer en terre, puis l’arroser.’’

Elans Séloudia, 6e année fondamentale, toujours à Petite-Rivière, évoque la question de la protection de l’environnement :

‘’Il faut protéger les arbres. On ne doit pas les couper. Si on se trouve dans l’obligation d’en couper un, il faudra en replanter 10 autres.’’

Toujours sur l’environnement, voici ce qui a retenu l’attention de Rosemanette Séus, élève de l’École Nationale de Desdunes :

‘’Il ne faut pas couper les arbres. Il ne faut pas laisser traîner les détritus partout. Il ne faut pas mettre le feu aux objets en plastique. J’ai été assister à un concours dans un établissement situé plus bas, j’ai vu des valises et aussi des petits bateaux fabriqués à partir des déchets en plastique. J’ai vu beaucoup d’autres choses intéressantes fabriquées à partir des gallons et des petits pots de jus en plastique.’’

Sur la question du choléra, les élèves ont retenu aussi plusieurs mesures d’hygiène permettant d’éviter cette maladie :

Elans Séloudia, en 6e année à l’école de Petite-Rivière nous en parle :

‘‘Il faut nous laver les mains en sortant des toilettes, avant les repas et puis boire de l’eau traitée. Si une personne attrape le choléra et qu’on ne dispose pas de sérum oral, tout le long du chemin vers l’hôpital elle peut boire de l’eau traitée ou n’importe quelle eau, avant d’arriver au Centre de santé. Mais si on dispose du sérum oral, c’est mieux d’en utiliser.’’


 

Barthélemy Dukender , en 5e année à l’École de Desdunes, a retenu aussi quelques principes :

‘’Nous ne devons pas déféquer à même le sol, mais dans une latrine. Lorsque nous sortons de la latrine, il faut nous laver les mains. Il faut le faire aussi avant les repas. Il ne faut pas boire de l’eau non traitée. L’eau doit être bien traitée pour qu’on n’attrape pas le choléra.’’

Le concours de chansons, organisé à la fin des sessions de formation, traduit ce que les élèves ont retenu quand on considère le contenu des compositions. Voici l’essence du texte d’une chanson qui a été primée, un morceau (en créole) de Berlande St Jean,12 ans, élève de 6e année à l’École Nationale de Duclos, à Desdunes :

‘’Oui, aujourd’hui, je me sens fière

que tout un chacun comprenne

que le choléra n’est pas un jeu

qu’il faut l’éviter

Il faut qu’on se lave les mains

en sortant des toilettes

Ne consommez pas d’aliments crus

Ne laissez pas la nourriture à découvert

Refrain

Le choléra, c’est de la diarrhée profuse

Dès que vous l’attrapez, il vous déshydrate complètement

Choléra, Choléra, Choléra’’ (3 fois)

 

En guise de conclusion

Tout un chacun est resté sur sa soif. Cette initiative a été très appréciée. Certains animateurs tellement intéressés ont voulu poursuivre leur apprentissage sur l’environnement après la formation. Ils cherchaient des informations sur les écoles où ces cours sont dispensés dans le pays. Même si les gens se plaignent de la courte période consacrée à ces activités en fonction des avantages pécuniaires qu’ils pourraient en tirer, il est apparu que la durée à été vraiment très courte. Certaines écoles n’ont pas bénéficié de plusieurs séances. Les plantules n’ont pas été bien distribuées.

Certains aspects prévus n’ont pas pu être exécutés, particulièrement l’implication du Ministère de l’Environnement dans le volet d’éveil environnemental et le montage du réseau de surveillance environnementale avec le personnel des écoles qui devait être articulé à d’autres organisations de la zone. Il faudrait aussi identifier les notions mal appréhendées pour les corriger afin d’éviter certaines déformations de connaissances dans les communautés. Au bout de 3 mois, beaucoup d’énergie a été déployée pour mener ces activités dans les écoles. Ce qui constitue une approche nouvelle dans la zone. Selon le responsable de programme d’OXFAM, on voudrait bien les continuer. Mais, il faut trouver l’argent nécessaire pour les dépenses atteignant 3 dollars US pour former chaque élève pendant 3 mois, en comptant les activités pratiques. La collaboration avec le Ministère de la Santé Publique a été recherchée dans la perspective de faciliter une appropriation de l’expérience par l’État qui pourra la dupliquer. Ce qui permettra d’éviter que ces interventions ne relèvent pas uniquement d’ONG, incapables d’assurer leur viabilité et leur durabilité, vu le caractère provisoire de ces initiatives.