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INTERVIEW / EXPLORATION DE DEUX DES AXES PRIORITAIRES DE LUTTE DE LA SOFA : LES VIOLENCES CONTRE LES FEMMES ET LA PARTICIPATION POLITIQUE PDF Imprimer Envoyer

Solidarite Fanm Ayisyèn


• Secteur (s) : Femme

• Zone (s) d’intervention : 7 départements géographiques du pays (Sauf: Nord-Est, Nippes et Sud)

• Groupe (s)-cible (s) : Femmes, en majorité paysannes

• Source (s) de financement : Partenaires Europe et Canada

• Siège (s) de l'intervenant: 9, rue Villemenay, Bois-Verna, Port-au-Prince
Tél. : 4877 9576 / 4384 8035
Web: http://sofahaiti.blogspot.com

Extrait d’une interview de François Pierre Jeanco avec Marie Frantz Joachim et Carole Pierre-Paul Jacob, respectivement coordinatrice générale et responsable de programme à la SOFA (Solidarite Fanm Ayisyèn). Elles planchent sur le cheminement de cette organisation, les stratégies de lutte contre les violences faites aux femmes et de promotion de la participation politique des femmes.

_________

E-L.-Nous saluons deux membres de l’Organisation ‘’Solidarite Fanm Ayisyèn ‘’ (SOFA). Nous aimerions qu’elles se présentent en précisant pour nous leur rôle au sein de la SOFA et dans la société, sans omettre leur niveau de formation.

M-F.J.-Je suis Marie Frantz Joachim, coordinatrice générale de la SOFA. J’ai été élue à ce poste après la dernière assemblée générale de l’organisation, il y a deux ans. En ce qui a trait à ma formation, je suis détentrice d’un diplôme en linguistique, discipline que j’ai étudiée d’abord à la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA) en Haïti, ensuite à l’Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3. J’ai aussi décroché une licence en lettres modernes à l’Université Cergy-Pontoise en France. Je suis une militante de vieille date. En 1986, j’ai participé au mouvement des jeunes tel que ‘’Solidarite Ant Jèn’’ (SAJ) dont je suis l’un des membres fondateurs. Depuis 1985, je me suis engagée dans la bataille pour la construction de la démocratie dans le pays.

E-L.-N’avez-vous pas d’autres activités au niveau de la société?

M-F.J.-Je suis aussi une professionnelle. Je travaille dans le domaine de la gouvernance locale en accompagnant les collectivités territoriales dans l’exercice de la maîtrise des ouvrages communaux, en fonction des compétences qui leur sont attribuées par la loi haïtienne.

E-L.-Carole Pierre-Paul, pouvez-vous faire le même exercice ?

C-J.-Je suis Marie Carole Pierre-Paul Jacob, membre de la SOFA. Pour le moment, je suis responsable, au sein de cette organisation, du programme de lutte contre la féminisation de la pauvreté. Militante des droits humains depuis des années, j’ai fait également mon parcours avec la SOFA comme militante féministe. En ce qui a trait à ma formation académique, j’ai fait un premier niveau d’études en psychologie et j’ai passé quelques années à la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA). Pour le moment, je suis des cours par correspondance en droits humains à l’Université de Nantes, en vue de décrocher une maîtrise. J’ai beaucoup lutté durant les années 80, et même depuis les années 70 j’étais déjà très impliquée dans des activités sociales et politiques. Vers 1986, j’ai intégré un comité de quartier et j’ai travaillé comme journaliste active au quotidien d’État ‘’Haïti Libérée’’ et à la Télévision Nationale d’Haïti (TNH). À ce titre, j’ai fondé une organisation dénommée GRALIP (Groupe de Réflexion et d’Action pour la Liberté de la Presse), très connue, d’une grande importance pour le pays après le coup d’état de 1991. Cet espace avait permis aux journalistes de se rencontrer et de faire passer leurs revendications, à un moment où la presse a été très persécutée, surtout avec l’assassinat de l’animateur Félix Lamy. Nous avons mené une lutte très articulée tant au niveau national qu’international. Au cours de la même période, j’ai intégré la SOFA au sein de laquelle j’étais gérante du bureau exécutif ; et ce, pendant quatorze (14) ans.


E-L.-On parle beaucoup de SOFA, comment cette organisation a- t- elle vu le jour et quelles ont été les protagonistes?

M-F.J.-La SOFA (Solidarite Fanm Ayisyèn) a été fondée le 22 Février 1986, dans un contexte de mobilisation des jeunes, en particulier ceux de l’Église (catholique, NDLR) et des écoliers, contre le président Jean-Claude Duvalier, ce dictateur qui les oppressait. Cette organisation a vu le jour justement après le départ de celui-ci. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est qu’elle a été l’aboutissement du travail accompli à la base par de vaillantes femmes comme Anne-Marie Coriolan, Évelyne Larieux, rejointes plus tard par d’autres qui luttaient contre la dictature, pour la démocratie. Parmi ces dernières, nous pouvons citer par exemple celles qui luttaient dans la diaspora telles que Lise-Marie Déjean et Olga Benoît, de même que moi-même qui résistais dans le pays. Mais les deux pionnières sont indubitablement Anne-Marie Coriolan et Évelyne Larieux qui bougeaient partout dans le pays. Anne-Marie a parcouru tout le département de l’Artibonite, elle a été dans la Chaîne des Cahos; Évelyne a arpenté les habitations et sections communales du Nord-Ouest, pour implanter cette organisation. Ces deux femmes, au niveau professionnel, travaillaient comme monitrices pour la ‘’Mission ALFA’’, activité de l’Église catholique à l’époque. Elles en ont profité pour sensibiliser des femmes analphabètes. C’est ce qui explique que la majorité des membres de la SOFA sont des paysannes. Elles ont commencé par monter des petits groupements au niveau des habitations et des sections communales. Et nous avons continué ce montage pour atteindre progressivement les communes et le département, jusqu’à arriver au niveau national.

L’éducation, la formation des membres par le biais de séances d’animation dès 1986, fortement liée au travail d’alphabétisation, s’est érigée en principe pour l’organisation et cette tradition demeure encore jusqu'à aujourd’hui. Ces séances constituent un espace réservé aux femmes pour qu’elles puissent poser leurs problèmes et formuler leurs revendications par rapport à ces derniers. Ainsi, leur première revendication était la question du ticket de marché (kat mache), problème vital pour les femmes paysannes à l’époque. On les forçait à payer ce ticket pour pouvoir vendre au marché sans aucun service reçu en retour. La mobilisation contre ce ticket constituait donc la première bataille menée par la SOFA partout dans le pays.

Fondée le 22 Février 1986, cette organisation a été rendue publique jusqu’au mois de Novembre 1987, parce qu’il fallait réaliser préalablement un travail important de sensibilisation, de conscientisation et d’éducation populaire pour la consolider dans un contexte qui s’avérait très difficile.

E-L.-Aviez-vous été inspirées par des exemples au niveau international ?

M-F.J.-Au niveau des organisations féministes, nous avons toujours eu des contacts avec des organisations étrangères. Notre première activité ayant été la formation, nous avons eu des relations avec des centres d’éducation populaire de l’Amérique latine, particulièrement le CDEP (Centre d’Études pour le Développement et la Participation) en République Dominicaine qui a travaillé avec nous sur : l’éducation populaire, l’importance des organisations féministes, la violence contre les femmes, les droits de la femme et la santé. Cette aide a été précieuse pour la construction de la SOFA. Car, dans nos rapports avec l’Église catholique ou bien avec d’autres personnes appartenant à d’autres secteurs, nous faisions face à beaucoup de difficultés pour mettre sur pied une organisation féministe. On nous accusait de ‘’diviser la lutte’’. Nous ressentions donc la nécessité de faire savoir ce qui existait ailleurs, d’informer sur les femmes des autres pays évoluant dans des situations semblables aux nôtres et qui étaient parvenues à s’organiser. Les acquis extérieurs dans le domaine nous ont permis de trouver beaucoup plus d’arguments pour mener à l’intérieur la lutte de libération des femmes.

E-L.-Quel est le statut légal de la SOFA, quel type d’organisation est-elle?

M-F.J.-Nous sommes une association enregistrée formellement au Ministère des Affaires Sociales. De plus, en 2010, suite aux nombreux services rendus à la société par l’Organisation, nous avons eu une reconnaissance d’utilité publique, parue dans le journal officiel LE MONITEUR. Aujourd’hui, nous pouvons dire que la société haïtienne et l’État haïtien sont imbus de cette lutte que mène la SOFA pour la libération de la femme, contre la domination dont elle est victime.


E-L.-Maintenant, nous allons aborder un point cher à la SOFA : les violences contre les femmes. Dites-nous, Carole Jacob, comment vous approchez cette question par rapport aux autres problèmes confrontés par les femmes au sein de la société haïtienne.

C.J.-Comme l’a mentionné Marie Frantz, la SOFA travaille sur plusieurs axes stratégiques depuis sa création en 1986. Actuellement, nous travaillons sur cinq (5) axes stratégiques : les violences contre les femmes, la lutte contre la féminisation de la pauvreté, la participation des femmes dans l’espace politique, la santé de la femme et le renforcement organisationnel (axe transversal). Les violences exercées contre les femmes représentent effectivement pour nous un champ spécifique. Ceci pour deux raisons. D’abord, c’est la SOFA qui, historiquement, le 25 Novembre 1987, a introduit la célébration de la date du 25 Novembre en Haïti. Bien qu’il n’y eut pas beaucoup de groupes féministes sur le territoire, mais avant cette date ni la lutte contre les violences faites aux femmes ni la date de la célébration du 25 Novembre n’étaient des questions importantes. En second lieu, c’est qu’aucune organisation féministe ne peut s’engager dans une bataille féministe, c’est-à-dire pour changer les conditions du système patriarcal basé sur la domination et l’exploitation de la femme etc., sans s’attaquer aux violences exercées contre les femmes, une des caractéristiques de ce système. Aujourd’hui, cette bataille prend beaucoup d’ampleur, et nous le disons toujours au sein de la SOFA, nous sommes très contentes du fait que beaucoup d’autres organisations, bon nombre d’ONGs et même l’État, se mettent aussi de la partie. On investit beaucoup dans ce programme mais, le plus important, c’est l’émergence d’autres organisations qui renforcent la lutte et permettent aux femmes de trouver plus de support. Car, jusqu’en 1987, la question des violences exercées contre les femmes n’était pas considérée dans la bataille sociale, politique et économique à l’intérieur du pays. Même pour les bons camarades, militants aux idées progressistes, elle n’était pas fondamentale. On lui accordait une importance secondaire. Selon eux, il fallait lutter pour changer le pays, combattre la dictature, et après on verrait pour la question de la femme. Même des organisations féministes hésitaient à mettre l’accent sur cet aspect et pour le peuple, c’était encore pire.

Donc, nous avons fait beaucoup de cheminement, et de 1987 à 1999-2000, la lutte s’est intensifiée avec des actions de mobilisation, de sensibilisation de la société, de plaidoyer. Cela a constitué un travail fondamental, car on a dû mettre en place des stratégies pour éclairer la lanterne des masses populaires, leur expliquer comment un groupe social dénommé femme, continue à vivre chaque jour sous la dépendance d’un système qui porte le nom de patriarcat, le plus souvent intimement lié au système capitaliste et vice-versa. Ce qui génère des situations extrêmes et explique l’absence d’aucun mécanisme mis en place pour lutter contre les violences exercées contre les femmes. Vers les années 2000, nous avions eu recours à de nouvelles stratégies adressées tant aux femmes qu’aux hommes, pour mettre l’emphase sur le danger représenté par ce comportement dans la relation des êtres humains. Car il s’agit aussi d’un problème de mauvaise relation sociale liée au sexe, construite dans un rapport de domination, que nous devons détruire pour construire un autre type de relation égalitaire entre les femmes et les hommes. Nous avons ainsi été amenées à offrir des services de proximité.

Durant les années 2000 à 2002, la SOFA s’est engagée dans un programme de grande envergure avec CECI (Centre d’études et de Coopération Internationale), une grande institution canadienne, qui nous a apporté son appui par le biais de trois (3) collaboratrices volontaires. Nous n’avons pas voulu mettre en œuvre n’importe comment ce programme d’accompagnement de femmes victimes de violence. Nous y avons donc inclus non seulement toute une série de formations, mais comme intervention féministe en violence, nous avons également développé un modèle d’intervention très intégré qui, loin de considérer la femme comme une victime qui pleure constamment et qui a besoin de l’aide d’un psychologue ou de personnes compréhensives, fait plutôt prévaloir une approche permettant à la femme de reconstruire sa vie.


E-L.-Carole Jacob, comment définissez-vous exactement les violences exercées contre les femmes?

C.J.-Les violences exercées contre les femmes, étant donné la prédominance de l’hétérosexualité en Haïti, embrasse tous les actes violents qu’un mari peut exercer contre sa femme parce qu’elle est une femme ou bien qu’un garçon exerce sur une fille parce qu’elle est une fille. Par exemple, dans la société haïtienne, on construit les relations à partir d’un moule qui considère l’homme non seulement comme un dieu mais aussi comme le chef de la famille qui détient tous les droits de décision. Donc quand dans ces relations, une femme désobéit à son mari ou déroge à une de ces règles ou autres, le mari exerce certainement sur elle de la violence physique ou psychologique. Par rapport à la violence psychologique, il faut bien comprendre qu’il existe des femmes que leurs maris ne frappent jamais, mais qui passent des années de leur vie à souffrir du mépris de ces derniers qui ne se montrent jamais en public en leur compagnie, privilégient leurs maîtresses, tout en les confinant elles-mêmes aux tâches domestiques. Ce type de relation violente prend son origine dans le système patriarcal. Ainsi donc, si on ne se décide pas au sein de la société à dénoncer le patriarcat et les phénomènes qui lui sont liés tels que le viol, le pays ne sortira jamais de cette spirale. Voilà pourquoi la SOFA a lancé ce programme d’intervention en faveur des femmes victimes de violence durant les années 2000 à 2002. Nous avons adopté une approche favorisée par notre structure organisationnelle permettant à nos membres d’en constituer la colonne vertébrale. Certes, une partie du programme nécessite un financement, mais, nous avons formé près de trois cents (300) femmes membres qui, jusqu’a maintenant, travaillent partout dans le pays.

Nous avons mis en place vingt- et-un (21) centres d’accueils baptisés “Sant douvan jou SOFA”, répartis dans quatre(4) départements géographiques. Dans la Grand’Anse, nous en avons un(1), à Bonbon et à Abricot, cinq (5); dans le Sud-Est, à Cayes-Jacmel nous en avons cinq(5) dans les sections communales de Ravine Normande, Cap Rouge et Gaillard. Dans l’Ouest, à Port-au-Prince, nous avons le bureau central de la SOFA à la rue Villemenay, à Bois Verna; puis à Martissant, nous en avons un dans une Clinique de santé de la SOFA, parce que nous menons également des actions en santé. Dans l’Artibonite, nous en avons établi six (6) : à Saint-Michel de l’Attalaye, dans le bourg de cette commune et dans les sections communales Ermite et Carmathe, puis un (1) autre a été établi à Ennery. Nous ne sommes pas encore arrivées à placer des centres partout où se retrouvent les membres de la SOFA, parce qu’il faut que des conditions organisationnelles soient remplies pour assurer la bonne marche de ces structures, les formatrices devant être prêtes à les faire fonctionner. Mais le plus important, c’est que nous avons inauguré une autre approche de service de proximité à l’intérieur du pays. Aujourd’hui, même le Ministère à la Condition Féminine et beaucoup d’autres organisations suivent ce chemin. Quel que soit le type de femme, qu’elles soient bourgeoises ou pauvres, pour sortir de la spirale de la violence, elle doit avoir accès à des services de proximité. Il faut que la Police soit en mesure de comprendre la problématique de la violence pour qu’elle ne les ridiculise pas en les recevant. Il faut que les tenants du système judiciaire aient une bonne formation à ce sujet. Il faut que la Santé aussi soit en mesure de répondre. Les centres doivent articuler ce travail sur le terrain, en établissant des liens avec les acteurs locaux.


E-L.-Ces programmes dont vous avez parlé, constituent-ils le travail social que vous réalisez sur la question de la violence?

C.J.-L’ensemble de ces travaux va permettre à la société de mieux s’informer. Les gens seront plus à même de comprendre la problématique de la violence. Ils seront en mesure d’aider à changer le système judiciaire, car, en plus des services offerts dans nos vingt-et-un(21) centres, qui reçoivent chaque année en moyenne mille (1000) femmes, au moment de l’accueil et de l’accompagnement, les responsables en profitent pour soulever la question de la justice. Ces dernières travaillent en étroite collaboration avec les juges. Elles organisent des réunions, font les mises en relation et visitent les juges, quand il y a un problème dans la communauté. De la même manière, elles peuvent aussi s’attaquer au problème de la santé.

Aujourd’hui, grâce aux travaux réalisés par la SOFA et d’autres organisations qui mènent la lutte contre les violences faites aux femmes, la Justice se trouve dans l’obligation d’adopter des mesures très importantes qui marquent un changement dans les mécanismes sanitaires pour traiter les cas de femmes victimes de violence. Par exemple, nous avons finalement accès à un certificat médical ; et la SOFA y a contribué de façon significative. Dès le départ, avec notre approche d’intervention féministe, nous avons réalisé la nécessité d’aller former des médecins à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). Près de deux cents (200) docteurs ont été touchés. Nous avons répliqué cette formation dans toutes les zones où se trouvent les centres de la SOFA. Par la suite, avec la création d’autres institutions, nous sommes arrivées à maintenir de façon permanente la pression sur l’État qui a concédé le certificat médical. Dans le temps, pour obtenir un certificat médical après avoir été violée, c’étaient la croix et la bannière. L’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) était la seule institution autorisée à le délivrer. Nous pouvons comprendre ce que cela représentait pour une femme victime de viol par son mari dans une section communale de Bonbon ou d’Abricot ; le nombre de kilomètres qu’elle devait parcourir pour arriver à Port-au-Prince ! Ce sont ces mécanismes, qui apparaissent comme des faits insignifiants, qu’on devait changer dans ce pays où la classe paysanne est totalement exclue et ne bénéficie d’aucun service.

Au niveau juridique, d’autres changements ont pu être obtenus. Citons en exemple le décret-loi du 28 Juillet 2005, résultat de toutes les pressions exercées sur le Ministère à la condition féminine à travers le Comité qui a été créé pour discuter avec cette instance sur la nécessité de changer les lois. Jusqu’à 2005, le viol subi par une femme haïtienne était considéré comme une atteinte à l’honneur. Aucune peine n’était prévue par la justice. Il était donc banalisé. Maintenant, il existe des sanctions. Quand une femme est attaquée par quelqu’un, que ce soit en pleine rue ou bien dans la cohabitation avec son mari, la loi prévoit contre l’auteur de cet acte une peine de quinze (15) ans d’emprisonnement. Ce sont des changements structurels au sein de la société extrêmement importants.

E-L.-Quels sont les autres résultats obtenus grâce à vos interventions?

C.J.-Beaucoup de résultats. Les changements structurels ne renvoient pas à des résultats visibles à l’œil nu. Du début de la lutte contre les violences faites aux femmes en 1987 à nos jours, on peut noter que cette question est finalement devenue une préoccupation nationale. Désormais, tout le monde en admet le bien-fondé, même si parfois on fait des interventions incohérentes. Mais, essentiellement, toute la société se soulève contre le problème et ceci a produit des changements significatifs, perceptibles dans l’attitude de l’État et dans les mécanismes des appareils structurels tels que la justice et la santé. Aujourd’hui, une femme qui se déclare victime de violence ne sera pas ridiculisée. On ne lui dira pas non plus que c’est le fruit de son imagination. Ce sont des cheminements extrêmement importants. Par exemple, nous recevons des appels même d’institutions scolaires qui nous demandent de prononcer des conférences chaque 25 Novembre. Les sollicitations sont tellement nombreuses qu’il nous arrive d’en refuser certaines. Des universitaires, des jeunes et même des religieuses embrassent la cause. Il existe des changements fondamentaux au niveau comportemental. Ils ne seront pas perçus du jour au lendemain parce que, quand on parle de changements d’ordre structurel, ils réfèrent à un mode d’organisation social qui a été construit pendant plusieurs années, le patriarcat. Ce système date de plusieurs millénaires, il ne peut pas être changé significativement en un clin d’œil. Nous commençons à opérer des changements au sein de la société dans la mentalité ; les hommes ainsi que les femmes commencent à comprendre qu’une relation avec une femme ne peut pas se baser ni sur la domination ni sur le viol.


E-L.-Nous nous sommes attardé à votre préoccupation relative aux violences faites aux femmes, mais si nous voulons considérer d’autres aspects, quelles sont vos priorités ? (Marie Frantz Joachim)

C.J.-Les violences faites aux femmes ne constituent pas notre seul axe d’intervention. Nous avons déjà mentionné la santé de la femme, la lutte contre la féminisation de la pauvreté et la participation de la femme dans les espaces de décision politique.

E-L.-Comment voyez-vous la participation de la femme dans les espaces politiques ?

M-F.J.-Cet axe s’est développé à la SOFA à partir des expériences faites au Ministère à la Condition Féminine. Étant une organisation à caractère revendicatif, les formes utilisées pour faire passer nos revendications sont multiples. Le 8 Mars 1991, nous avons en effet organisé une grande manifestation pour réclamer un Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) qui prendrait en considération : les paroles des femmes, leurs intérêts, leurs stratégies de lutte, la définition d’une politique publique appropriée et son application.

De la même manière que nous avions lutté pour faire reconnaître l’importance des organisations féministes, nous étions obligées de faire le même exercice pour montrer la nécessité d’un Ministère à la Condition Féminine. En 1995 – 1996, nous avons organisé une grande séance de réflexion au cours de laquelle nous avons réalisé qu’il était fondamental de trouver un mécanisme pouvant permettre la participation politique des femmes. Nous avons ainsi retenu la formule de quota que nous avons vulgarisée. Pour nous, la participation politique des femmes ne doit pas être quelque chose d’élitiste. La SOFA est une organisation composée à 80% de femmes paysannes, i.e. venues de nos sections communales, de nos communes. Nous devons donc être cohérentes. Il fallait les encourager à intégrer les espaces des collectivités territoriales. Au cours des années 1996 et 1997, nous avons organisé toute une série de formations au niveau de ces collectivités pour nos membres et un grand nombre d’entre elles s’étaient portées candidates au niveau des CASECs (Conseils d’Administration de Section Communale) et des ASECs (Assemblées de Section Communale). Quelques-unes faisaient aussi partie de cartels au niveau des communes. C’était donc une préoccupation pour nous.

E-L.-Historiquement, pensez-vous que le Ministère à la Condition Féminine correspond à la conception que vous aviez d’elle en réclamant sa création ?

M-F.J.-Il faut comprendre que le Ministère à la Condition Féminine se trouve sous la dépendance du pouvoir exécutif. À chaque moment historique, la direction qu’elle empruntera va correspondre à la vision du gouvernement en place, à la ligne définie par ce dernier. Ceci explique les différentes orientations adoptées par ce Ministère, qui ne sont pas toujours en concordance avec sa mission et ses attributions. Nous constatons aujourd’hui qu’il s’est éloigné de sa fonction normative, du caractère transversal de ses interventions. Il se retrouve même en conflit avec d’autres ministères, parce que bon nombre des ses activités relèvent beaucoup plus du Ministère des Affaires Sociales, alors que parallèlement il n’adresse pas la question fondamentale de la femme. Il n’est pas là pour résoudre les problèmes individuels d’une mère, mais bien ceux de la majorité. Il doit s’attaquer aux intérêts stratégiques liés à la question de la femme. Quand elle privilégie le programme « ti manman cheri, kat woz, etc. », quel est le nombre de femmes qu’il va pouvoir aider en réalité avec les ‘’cartes roses’’, avec le programme « EDE PEP » ou autres ? Par contre si, par exemple, il élaborait une charte portant sur la reconnaissance de la paternité et que cette loi venait à être promulguée par la Présidence, les femmes de toutes les catégories sociales pourraient en bénéficier. Voilà le rôle du Ministère. Ses actions stratégiques doivent toucher l’ensemble des secteurs ou groupes qui justifient son existence. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se fait aujourd’hui. Le Ministère ne travaille pas sur des lois portant sur l’égalité des sexes au niveau des droits et des fonctions exercées. Carole avait soulevé une problématique très importante, celle des violences exercées contre les femmes. De temps à autre, nous proposons des lois. En juillet 2007, nous avons obtenu la signature de la convention de Belem Do Para. Force est de constater que les références légales y relatives sont éparpillées dans les codes civils, le code pénal, etc. Il y a donc nécessité de promulguer des lois sur les violences faites aux femmes. Les organisations féministes n’ont jamais cessé de réclamer ces lois et surtout un véritable cadre légal pour permettre la gestion des cas de viol. Mais le Ministère ne s’en occupe pas. Ce qui nous amène à questionner ses orientations, sans remettre pour autant en cause son existence et son importance. Notre rôle revient à continuer la lutte et à rappeler constamment au Ministère ses attributions.


E-L.-La question de la participation politique est-elle abordée légalement ?

M-F.J.-Nous ne pouvons pas parler de participation politique de la femme sans référence à un cadre légal. C’est pour cette raison que nous parlons d’application du quota de 30%, comme nous voulons une loi portant sur l’égalité des sexes et une loi pour appliquer le pacte international relatif aux droits socio-économiques et culturels. En relation avec cette question de participation politique, nous avons organisé, en octobre 2013, le parlement symbolique de la femme. L’objectif, dans une première phase, consistait à permettre aux femmes qui ont eu une expérience politique de partager leurs expériences avec d’autres femmes. Nous avons voulu aussi projeter notre vision de la politique, en considérant que le Parlement exerce trois (3) fonctions fondamentales : la représentation, la législation et le contrôle. Il doit donc établir des mécanismes pouvant lui permettre de remplir ces fonctions. L’un d’entre eux renvoie à la consultation populaire qui lui fait beaucoup défaut et nous avons voulu aussi leur donner une leçon en termes de vision et de perception de nos problèmes. Ainsi, nous avions simulé, dans une deuxième phase, une consultation populaire en choisissant le thème de la souveraineté alimentaire avec tous les autres qui lui sont connexes : la santé de la femme, la condition féminine, l’environnement, l’agriculture. Toutes ces questions ont été abordées dans notre consultation populaire. Deux cents (200) organisations étaient présentes pour donner leur vision, dire ce qu’elles désirent et comment elles le désirent. Dans une troisième phase, trente (30) femmes sénatrices symboliques en provenance des différents départements du pays, étaient venues pour exposer leurs différents problèmes. Nous avons pu ainsi montrer, nous de la SOFA, que nous optons pour une politique de développement basée sur l’agriculture familiale qui nécessite un encadrement des agricultrices et des agriculteurs et une façon de négocier nos accords commerciaux.

E-L.-Le parlement symbolique, est-ce une activité déjà réalisée dans d’autres pays ?

M-F.J.-Nous ne sommes pas au courant d’une telle activité ailleurs. Nous avons toujours inventé des activités innovantes dans le cadre de nos plaidoyers, de nos mobilisations. Nous avons conçu et réalisé ce parlement symbolique en discutant entre nous, avec d’autres organisations féministes ainsi qu’avec des personnalités dans le pays. Pour reconstituer son histoire, il faut dire que nous avons eu des membres qui voulaient se porter candidates et nous avions prévu de les accompagner aux élections, mais Monsieur Martelly n’a jamais pris la disposition d’organiser ces élections. Ainsi, les fonds reçus d’Entraide et Fraternité, une organisation Belge amie, destinés à appuyer ces activités, ont été, avec leur approbation, réaffectés à l’organisation du parlement symbolique.

E-L.-Revenons à la question du quota de 30%. Comment cela peut-il être utile au pays quant à présent ?

M-F.J.-L’approche des quotas correspond, en général, à des mesures ou bien des actions positives adoptées dans un pays pour corriger une injustice qui traîne pendant un bon bout de temps au sein d’une société. En Haïti, ce quota de 30% est inscrit dans la constitution amendée (malgré notre réserve sur l’amendement de la Constitution de 1987). Et nous y croyons. Car, si on parvenait à prendre réellement une telle disposition, ce serait un mécanisme permettant aux femmes de se retrouver sur un pied d’égalité avec les hommes. On ferait de la démocratie dont on parle, une démocratie équilibrée, qui ne mettrait pas de côté les 52% de la population. Les femmes seraient présentes au niveau de tout l’appareil d’État. Elles auraient la possibilité de s’impliquer et de participer à la vie politique. Avec plus de femmes sur l’échiquier politique, on n’aurait pas, comme nous le constatons aujourd’hui, un Sénat composé uniquement d’hommes ! Mais, pour nous de la SOFA, il ne s’agit pas prioritairement de la présence de femmes au sein de l’appareil d’État, il faut que celles-ci soient aussi conscientes, capables de prendre position sur des questions importantes et surtout de contribuer au changement dans les rapports de force. Voilà pourquoi nous accordons tant d’importance à la question de la formation. Il faut que les femmes, dans ces espaces, soient en mesure de poser des actes susceptibles de changer le rapport déséquilibré entre les sexes au sein de la société.


E-L.-Par rapport aux organisations politiques, comment voyez-vous la SOFA ? Quelle est votre position ?

M-F.J.-Pour la SOFA, la lutte des femmes est liée à celle des masses populaires. Nous luttons non seulement contre toutes formes de subordination, de domination, de soumission de la femme, mais aussi contre toutes formes d’exploitation. Nous associons la lutte opposant les classes dominées aux classes dominantes et contre la société capitaliste néolibérale, à celle contre le système patriarcal fondé sur les rapports de domination entre les femmes et les hommes. Donc, au niveau politique, la SOFA participe à des activités inscrites dans cette perspective, menées par des organisations mixtes et est membre de la plate-forme qui porte le nom de MPDP (Mouvement Patriotique, Démocratique, Populaire). Cette initiative regroupe des organisations du mouvement social haïtien et des organisations politiques. En effet, si nous parlons de participation politique des femmes, nous pensons qu’il doit exister un lien entre les organisations féministes et les partis politiques. L’intégration de la SOFA dans l’initiative MPDP constitue une occasion pour nous d’établir ce lien de manière plus structurée. Le cadre élaboré en commun dans cet espace permet d’orienter les discussions et les réflexions. Ceci représente un grand pas dans le pays, car toutes les organisations de même type que la SOFA, à caractère revendicatif, peuvent garder leur autonomie et leur indépendance, tout en ayant la possibilité de discuter avec des partis politiques, non seulement pour faire passer leur vision sur la manière de faire la politique dans le pays mais aussi, pour plancher sur les moyens d’aboutir à la gestion politique, parce que nous avons une vision du pouvoir. La SOFA n’étant pas une organisation politique, ce va-et-vient entre le social et le politique se fera donc dans le cadre de l’Initiative MPDP. Cette expérience s’annonce prometteuse. Elle garantit notre indépendance et nous offre l’opportunité de rencontrer des organisations avec qui nous partageons une certaine sensibilité politique. Au-delà de nos divergences, nous pourrons prioriser ce que nous avons en commun pour mener ensemble des activités.

E-L.-Marie Frantz Joachim, Carole Jacob, quels sont vos derniers mots ?

C.J.-C’est le moment de dire Merci à Enfo-Lien, parce que nous n’avons pas eu le temps de le faire au début de cet entretien. Nous applaudissons la création de son émission de radio, qui représente un espace vraiment intéressant permettant aux types d’organisations comme la nôtre, d’approfondir des questions importantes. Ce que nous ne pouvons pas faire avec les interviews rapides réalisées pour des bulletins de nouvelles. Nous sommes vraiment contentes de voir qu’Enfo-Lien s’intéresse aux organisations féministes. C’est une problématique extrêmement importante qui n’est pas traitée à part entière et nous sommes satisfaites qu’Enfo-Lien l’adresse.

E-L.-Marie Frantz Joachim, vous n’avez rien à ajouter ?

M-F.J.-Mon dernier mot : Nous espérons que les gens qui ont pu capter les informations et les données que nous venons de partager, particulièrement les femmes, se décideront à intégrer les organisations féministes. Nous croyons que la SOFA est un espace capable d’aider les femmes dans l’exercice du leadership, un terrain où celles-ci peuvent apprendre à pratiquer les différents aspects de cette démocratie dont nous rêvons pour le pays. Nous leur lançons donc cet appel.

(Tr. Y.G.D. / E.E.A)

 

Petites Annonces

 
FEMMES RURALES HAЇTIENNES ET NOUVELLE TECHNOLOGIE (VIDEO)

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DES FEMMES RURALES HAЇTIENNES VEULENT AVOIR ACCÈS À LA TERRE (VIDÉO)

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VOIX DE FEMMES RURALES HAЇTIENNES DÉPOSSÉDÉES DE LEURS TERRES (VIDÉO)

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TERRE, EAU, SEMENCES, ENVIRONNEMENT, CHEMINS DE LA VIE - MOBILISATION DU MPP : JOUR DE L’ENVIRONNEMENT

MPP

À l’occasion du 5 Juin, journée internationale de l’environnement, depuis quelque temps, le MPP (Mouvement Paysan de Papaye), en collaboration avec d’autres organisations paysannes, se mobilise sur la question des semences indigènes et la biodiversité en général. Le 5 Juin 2010, le MPP avait organisé une grande manifestation contre Mosanto qui avait fait don au gouvernement haïtien de semences de maïs hybrides ou OGM (organismes génétiquement modifiés) ; un cadeau empoisonné visant à éliminer les semences locales. Cette marche avait rassemblé plus de 20,000 paysans venus des quatre coins du pays.

Chaque année, le MPP entreprend des activités pour rafraîchir la mémoire sur les semences indigènes dont les paysans sont dépositaires, pour les mettre au service de l’humanité.  Ce sont les paysans et les peuples indigènes qui doivent gérer ces semences pour produire les aliments sains devant nourrir les populations de la planète. Aujourd’hui, les multinationales de l’agrobusiness veulent dépouiller les paysans de ce bien. Et nous autres, nous luttons contre cette machine. Nous défendons le droit à la production et l'utilisation de ces semences.

Les 4 et 5 Juin 2014, au Centre national de formation de cadres paysans de Papaye, les organisations membres du CLOC, de Via Campesina, en l’occurrence le MPP, le MPNKP (Mouvement Paysan National du Congrès de Papaye), TK (Tèt Kole), avec la participation de KROSE (Coordination Régionale des Organisations du Sud-Est), lanceront une grande mobilisation sur le thème : TERRE, EAU, SEMENCES, ENVIRONNEMENT, CHEMINS DE LA VIE.

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Conférence sur la République démocratique du Congo et Haïti: Pour la Sagesse et la Paix

ASSOCIATION DUCHAMPS-LIBERTINO

ASSOCIATION DUCHAMPS-LIBERTINO pour l'encouragement de la Sagesse et de la Paix dans le Monde

CONFÉRENCE DE MARTINE LIBERTINO LE 29 AVRIL 2014

S'affranchir des émotions dans les programmes d'éducation pour la paix et dans l'aide au développement

Bilan et perspectives en République Démocratique du Congo et en Haïti

Le mardi 29 avril 2014 à 19h

Maison des Associations

Salle Rachel Carson

15, rue des Savoises • 1205 Genève

(de la gare : Tram 15 et bus 1)

Entrée libre

Réservation au 022 751 11 20 ou par courrier électronique ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) jusqu'au lundi 28 avril.

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Pensées sociales

« Refonder la nation aujourd’hui implique de déconstruire au préalable l’édifice dont les joints de la fondation avaient une force de liaison négative, d’édifier la nouvelle nation sur des bases non disjointes, intégratives et solidaires.»
Franklin Midy, sociologue, février 2010

Emission Radio

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DIMANCHE 11H AM- 12H

MARDI 9H - 10H SOIR

JEUDI 9H AM – 10H AM

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