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INTERVIEW / ÉDUCATION SPÉCIALE ET DÉFICIENCE INTELLECTUELLE : LES SERVICES DU ‘’CES’’ DANS LE MILIEU HAÏTIEN PDF Imprimer Envoyer

Centre d'Education Special


• Secteur (s) : Éducation

• Zone (s) d’intervention : Port-au-Prince (actuellement) / Autrefois, tout le pays

• Groupe (s)-cible (s) : Enfants déficients intellectuels, parents, enfants normaux d’âge préscolaire

• Source (s) de financement : ONG et autres

• Siège (s) de l'intervenant :
73, rue de l’Enterrement
Port-au-Prince, HAITI

Tél : 3731 6646
Courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. , éducation_spé Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Cette interview avec deux responsables du CES (Centre d’Éducation Spéciale), Maryse Jn Jacques, directrice, et Ghislaine Fabien Thomas, physiothérapeute, conduite par François Pierre Jeanco, permet de comprendre le concept d’éducation spéciale dans son ensemble et le champ d’action de ce Centre en matière de déficience intellectuelle en Haïti. Une institution de référence oeuvrant dans un domaine particulier de l’enfance accueillant très peu d’intervenants dans le pays, qui, depuis quelque temps et beaucoup plus après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, fait face à de sérieuses difficultés, mais se débat encore pour continuer à accomplir sa mission.

____________

E-L –Nous saluons les lecteurs d’ENFO-LIEN. Nous recevons deux responsables du Centre d’Éducation Spéciale (CES). Laissons-leur le soin de se présenter au public.

M.J.J.-Mon nom est Maryse Jn-Jacques. Je suis directrice générale du Centre d’Éducation Spéciale (CES).

 

E-L -Est-ce que vous pouvez expliquer pour les lecteurs ce qu’on entend par éducation spéciale ?

M.J.J.-Comme son nom l’indique, c’est une éducation spéciale. Le mot ‘spécial’ signifie que cette éducation ne se fait pas comme les autres. Elle porte attention aux besoins d’une série de personnes bien spécifiques. Dans notre cas, au Centre d’Éducation Spéciale, elle réfère aux enfants à déficience intellectuelle. Mais, on appelle aussi éducation spéciale, celle donnée aux non-voyants. Par exemple, on apprend à ces gens, dans des circonstances bien particulières, à lire le braille et à travailler en braille (écriture pour non-voyants, lecture avec les mains ). De la même manière, pour les sourds, il existe un langage des signes. Elle est tout aussi valable pour des enfants qui ont des problèmes de motricité. Donc, c’est ajuster une éducation aux besoins de l’enfant et lui permettre d’apprendre le plus que possible malgré son problème de déficience.


E-L -Quel rapport établissez-vous entre l’éducation spéciale et la déficience intellectuelle ?

M.J.J.-Un enfant à déficience intellectuelle vit avec une intelligence beaucoup moins développée par rapport à celle des autres enfants de son âge, selon l’échelle normale (si l’on peut parler ainsi).Donc cet enfant nécessite un support pour apprendre. Et il ne s’agit pas seulement d’apprentissage intellectuel en relation à la lecture, l’écriture, les maths, mais également de tout apprentissage social. Cet enfant doit bénéficier de plus de stimulations pour pouvoir vivre dans la société.

 

E-L –La déficience intellectuelle, peut-on aussi l’appeler retard mental ?

M.J.J.-Oui, en général on le dit. Souvent, on a tendance à les confondre, mais je tiens à dire qu’il y a une différence, parce que le retard peut ne pas être définitif. Un problème social ou un problème médical peut causer un retard chez l’enfant dans son développement intellectuel. Cet enfant, grâce à beaucoup de stimulations, peut fonctionner comme les autres enfants normaux, alors que chez l’enfant déficient, l’intelligence fonctionne moins. Ses facultés intellectuelles causent un apprentissage différent des autres.Et il ne s’agit pas seulement d’apprentissages académiques, mais également d’apprentisages sociaux. Il nécessite un soin spécial pour stimuler sa compréhension qui est lente.

 

E-L –Quelle différence existe-t-il entre déficience intellectuelle et déficience physique ?

M.J.J.-En général, un enfant à déficience intellectuelle a une atteinte au niveau du cerveau, une blessure. Souvent il arrive qu’il ait des problèmes physiques. On est donc obligé de prendre soin de ces deux problèmes à la fois (déficience intellectuelle et problème physique). Tel est le cas pour les enfants qu’on appelle ‘‘infirmes moteurs’’ cérébraux qui sont déficients intellectuels mais ont aussi des problèmes avec les mains, les pieds etc. Mais on peut retrouver plusieurs enfants déficients sans aucun problème physique.

 

E-L -Comment les parents vont-ils être en mesure de déterminer que leurs enfants ont un problème de déficience ?

M.L.L.-Cela dépend des parents, de leurs connaissances sur le développement des enfants. Souvent, ils ne sont pas en mesure de le faire parce qu’ils n’ont aucune notion ; mais aujourd’hui, il est très difficile qu’un parent ne puisse identifier assez vite un problème de déficience grave chez un enfant.Les parents cherchent tout de suite de l’aide surtout quand ils constatent que le langage de l’enfant n’est pas développé, ou quand l’enfant a des problèmes physiques.Par exemple, l’enfant en âge de s’asseoir, de se mettre debout, et qui ne le fait pas. Mais s’il n’a pas de signe de déficience patent, les parents ont tendance à le déceler très tard.

 

E-L –Alors, si on se base sur des chiffres, y a-t-il beaucoup d’institutions qui s’occupent de ces problèmes dans le pays ?

M.J.J.-Nous sommes une institution spécialisée parce que nous avons plusieurs services pour les déficiences intellectuelles. Mais depuis une quinzaine d’années, beaucoup d’autres écoles privées s’occupent d’enfants souffrant de ces déficiences.Je ne peux pas avancer de chiffres, parce qu’il existe également des écoles régulières qui accueillent ces enfants. Et ceci constitue une grande avancée comparativement à 30, 40 ans de cela. Cependant, nous, on est spécialisé. On fait des diagnostics, de la prévention, des traitements et on a une école.

 

E-L.-Quand est-ce que le Centre d’Éducation Spéciale (CES) a été créé ?

M.J.J.-Il a été créé en janvier 1976. Il doit sa naissance à une association découlant de l’école St-Vincent, appelée ‘’Association haïtienne pour la réhabilitation des personnes handicapées’’ fondée par les Docteurs Léon, Bijoux, Mme Manuel et d’autres membres dont on ne peut citer les noms, tellement ils étaient nonbreux. À l’époque St-Vincent était une institution ayant une expertise dans la gestion des enfants aveugles et sourds, handicapés physiques. Mais il n’y avait pas encore en Haïti un centre consacré aux enfants handicapés intellectuels. On est donc le premier dans ce domaine. Avant, les enfants fréquentaient de petites écoles. Nous voulons rappeler à tout un chacun que Mme Denise Magloire Fouchard appelée par tout le monde Babou a été la première directrice du CES. Elle a dirigé cette institution pendant 32 ans, de janvier 1976 à novembre 2008 jusqu’à sa mort. Je profite de cette entrevue pour dire comment elle était dynamique et c’est grâce à elle que ce centre qui était une petite école a pu développer tous ces services dans tout le pays. Sa vision était de donner des services de bonne qualité au plus grand nombre.


E-L.-Avec quelles catégories de gens de la société le CES travaille-t-il ?

M.J.J.-Toutes catégories de gens. Mais on met beaucoup l’accent sur les couches défavorisées et ensuite sur les endroits reculés. On a fait le tour du pays pour détecter les enfants qui sont plus dans le besoin. Mais, on travaille avec toutes les catégories.

 

E-L.-Adultes, enfants de tout âge ?

M.J.J.-Oui.

 

E-L –Quelles zones du pays sont les plus touchées ?

M.J.J.-On travaille dans tous les départements du pays. Dans le passé, on avait trois (3) bureaux dont un au Cap et un aux Gonaives. Mais dans les bureaux régionaux, existait un programme appelé ‘’timoun byenvini’’. Ce qui nous permettait de faire le tour du pays pour faire des formations à l’intention des professeurs du préscolaire et surtout, pour détecter les cas de déficience intellectuelle.

 

E-L.–Mais quelles sont les solutions que vous avez pu apporter ?

M.J.J.-On ne peut pas parler de solutions apportées, mais plutôt de travail accompli et de réponse apportée aux problèmes.

Notre particularité réside dans le développement d’un réseau de formation dans le système préscolaire. On a beaucoup travaillé avec les parents. On a fait des plaidoyers. On a travaillé avec des associations. Entre 1976 et 1994, aucune instance de l’État ne s’était penchée sur la question de déficience intellectuelle. Donc grâce au travail effectué avec d’autres associations (pas toutes nécessairement liées aux déficients), par exemple le SHAA, St Vincent etc , on a fait développer des services. Ainsi, aujourd’hui en 2013, des lois sur les personnes handicapées ont été votées, des lois d’intégration. Il existe aujourd’hui, une Secrétairerie d’État et la possibilité d’amender le Code du travail pour l’harmoniser avec la situation des personnes handicapées.Il y a un grand pas de franchi. On ne peut pas parler de solutions, mais les enfants et les adultes (handicapés) vivent mieux. On peut noter une certaine harmonie. La société est devenue plus tolérante envers eux et les parents surtout commencent à comprendre ce que signifie vivre avec des personnes déficientes. Ils peuvent les défendre et les défendent en fait partout.

 

E-L.-Cette institution reconnue d’utilité publique depuis 1995 a beaucoup fait dans ce domaine. Cela vous permet-il de mieux effectuer votre travail ?

M.J.J.-Nous existons depuis 1976. Nous étions sous la tutelle de l’Association et vers les années 1986, nous sommes devenus autonome. Les institutions de ce type doivent s’inscrire au Ministère des affaires sociales. Donc, nous sommes reconnus d’utilité publique, mais cela ne nous donne pas plus. Il s’agit d’une reconnaissance importante , d’un honneur, qui signifie que l’État haïtien reconnaît le travail que nous effectuons dans la société depuis la date de notre création jusqu’à la date de reconnaissance.

 

E-L -Vous ne bénéficiez donc de rien de spécial dans tout cela ?

M.J.J.-Il paraît que nous ne devrions pas payer de taxes sur nos achats. Je dis bien ‘’il paraît’’, parce que, on ne s’en est jamais occupé. Puis, on ne paie pas d’impôts locatifs. Ce sont ces deux avantages que cela offre.

 

E-L –Citez pour nous quelques programmes réalisés durant ces dernières années

M.J.J.-À notre ouverture en 1976, nous avions une petite école avec 35 enfants. Comme je l’ai dit tantôt, il n’y avait pas à l’époque de centres à s’occuper d’enfants déficients.Des enfants en bas âge avaient donc besoin de soins et plusieurs enfants devenus adultes n’avaient jamais eu la possibilité d’aller à l’école. Ainsi, un an après, on a ouvert la clinique de détection et de prévention. On a aussi ouvert un atelier protégé pour les déficients intellectuels adultes n’ayant pas eu antérieurement accès à l’éducation. On leur permettait d’avoir un centre de travail. Et cette possibilité s’offrait tant aux femmes qu’aux hommes. Quelques années plus tard, on a développé un réseau d’écoles préscolaires, un réseau permettant d’atteindre les gens vivant dans les milieux reculés pour les former. On passait par les écoles communautaires, les écoles relevant des églises, des hôpitaux, etc. pour former des enfants. Par la suite, on a développé des programmes pour les parents , parce que les parents de ces enfants devraient également participer, pour pouvoir comprendre l’approche et continuer le travail à la maison.Et un peu plus tard, ceux-ci allaient former une association pour faire des revendications en vue de faire bénéficier aux enfants des services de réhabilitation communautaire particulièrement.

Je parlais tantôt de timoun byenvini. Ce programme s’étendait dans tout le pays et je dois signaler qu’il nous permettait d’aller dans les endroits reculés pour faire le travail, dans une dynamique de parents formés assurant l’encadrement d’autres.


E-L –Et cela a donné des résultats ?

M.J.J.-Oui, cela a donné des résultats, à coup sûr. Dès qu’il y a stimulation sérieuse et constante, on obtient des résultats. Mais il faut savoir qu’une personne déficiente intellectuellement doit être bien encadrée pour arriver à une certaine autonomie, mais, elle restera déficiente.

 

E-L –Ce programme existe-t-il encore?

M.J.J.-Jusqu’en 2009, il fonctionnait. Après le tremblement de terre, on a eu beaucoup de difficultés. Naturellement, en 2011 on avait mis sur pied des programmes d’urgence, mais tous les programmes antérieurs avaient été stoppés. Etant donné les sérieux problèmes de financement auxquels on faisait face, après 2011, on a, tant bien que mal, essayé de maintenir le cap avec deux programmes : la clinique et l’école à Port-au-Prince. Les programmes décentralisés tels que réhabilitation communautaire , formation des parents, timoun byenvini, ont dû être stoppés. Ces deux services, la clinique et l’école, desservent à peu près 1600 enfants par année. Jusqu’à présent, on n’a pas de financement fixe. C’est vraiment à l’arrachée qu’on arrive à trouver des fonds pour payer les employés et encore on ne peut pas le faire régulièrement. Ceci constitue notre principale difficulté, mais elle nous permet de réaliser qu’il y a une équipe au CES. Car, qu’il s’agisse des cadres, des membres de la direction ou du personnel, nous constatons qu’ils croient dans le travail que nous faisons, parce que je ne pense pas qu’il y ait une institution qui passerait 2 à 3 mois sans payer leurs employés qui pourrait malgré tout maintenir les ¾ de ces derniers à leurs postes. C’est un point fort, mais en même temps on ne peut pas continuer ainsi.

 

Enfants en attente

 

E-L –Notre autre invitée aujourd’hui est Mme Ghislaine Fabien Thomas. Laissons-lui le soin de nous dire le poste qu’elle occupe au CES.

G.F.T.-Moi, je suis physiothérapeute de profession et éducatrice spécialisée. Au CES, je fais partie du comité de direction où je travaille de concert avec la directrice, Maryse. Mais moi, j’évolue surtout au niveau de la clinique. La clinique représente l’élément de base du Centre d’éducation spéciale. Tout le travail qui s’y accomplit, s’articule autour de la clinique parce que c’est le lieu de détection, d’intervention, d’orientation de tous ceux qui viennent au CES pour recevoir un service quelconque.

 

E-L.-Comment fonctionne-t-elle, cette clinique ?

G.F.T.-Les parents emmènent spontanément leurs enfants quand ils réalisent que ceux-ci ont un problème dans leur développement. Comme l’a dit tantôt Maryse, des fois on emmène les enfants très tôt, si le parent est avisé et observe tôt un problème chez l’enfant comme par exemple, à 6 mois, un enfant qui ne peut s’asseoir ; si l’enfant prend du temps pour marcher, s’il ne peut tenir la tête.En général,c’est toujours un problème physique qui va pousser les parents à emmener leurs enfants à la clinique.Le CES est très connu pour ses services dans ce domaine. Les gens arrivent de tous les endroits : de Jérémie , des Cayes, du Cap ; et c’est très triste à dire, ils viennent avec des enfants ayant des problèmes avec lesquels ils vivent depuis longtemps, sans savoir quoi faire, jusqu’à ce que quelqu’un les oriente vers le CES.

À leur arrivée,on ouvre tout de suite un dossier et on cherche à savoir pourquoi exactement ils amènent l’enfant, i.e qu’on essaie d’identifier le problème de base, car celui-ci doit être atteint ou bien d’ une déficience intellectuelle ou bien d’une anomalie de développement qui influence son mode de développement pour qu’il soit admis au CES.

 

E-L.-Combien de personnes recevez-vous en moyenne par semaine ?

G.F.T.-Par semaine, on reçoit à peu près 150 personnes.


E-L.-Quelles sont vos satisfactions ?

G.F.T.-Notre satisfaction, c’est le travail pour que ces enfants à déficience intellectuelle - dont on connait les problèmes, les faiblesses et les limites - aient une certaine autonomie et qu’ils soient insérés dans la société. Nous visons leur intégration sociale, pour qu’ils se sentent citoyens à part entière, même s’ils ne savent ni lire ni écrire. Nous avons un programme de base, appelé ‘‘stimulation précoce’’. Le problème de l’enfant, sa pathologie, une fois détecté, son niveau de développement est évalué. 30% de nos enfants présentent des crises épileptiques. En fait, dans les relations avec les parents, nous devons détecter tous les problèmes moteurs, de langage, d’insertion dans la société, de comportement, et dans chacun de ces champs, nous mettons en œuvre notre batterie d’intervention. L’un des outils utilisé est la stimulation précoce.

 

E-L.-Combien paient les gens qui fréquentent la clinique du CES ?

G.F.T.-On leur demande 250 gourdes pour tout ce qu’on va faire avec eux dès leur arrivée, mais il faut dire que 50% seulement arrivent à nous verser ces 250 gourdes.

 

E-L.-Pour le programme scolaire, combien d’enfants avez-vous ?

G.F.T.-À l’école, nous avons 100 enfants qui viennent chaque jour.

 

E-L.-N’avez-vous pas la possibilité d’augmenter l’effectif ?

G.F.T.-On aimerait augmenter l’effectif, parce qu’on est quasiment obligé de placer des enfants sur une liste d’attente, ne pouvant pas les accueillir.

 

E-L.-Et ils viennent de différentes classes sociales ?

G.F.T.-Oui de toutes les classes sociales, et surtout des classes défavorisées. Le travail avec les enfants issus de parents défavorisés constitue notre spécialité au CES. On accepte tout le monde, même quand ils ne peuvent pas payer, on travaille avec eux.

 

E-L.-Mais à partir de quel âge recevez-vous ces enfants ?

G.F.T.-On les reçoit dès leur naissance.Dès que les parents remarquent qu’ils ont un problème, ils les amènent au CES. C’est la meilleure attitude que peuvent adopter les parents. C’est pourquoi on parle de stimulation précoceLa stimulation précoce renvoie à des programmes d’interventions bien précises qu’on travaille avec les parents et qui sont basés sur le niveau de développement de l’enfant. Le parent va continuer le programme parce qu’il va l’exécuter à la maison. Il commence avec l’enfant dès son jeune âge et celui-ci va grandir dans ce cadre jusqu’à atteindre l’âge scolaire. Dès lors, il peut être admis à notre école. Et si on juge qu’il peut fréquenter une école régulière, normale, on le réfère tout en lui apportant le soutien nécessaire pour qu’il y reste.

 

E-L -Comment les classes sont-elles réparties ? Le sont-elles en fonction de l’âge des enfants ?

G.F.T.-Plutôt en fonction de l’âge des enfants. Les plus petits évoluent dans leur propre classe. Mais notre objectif n’est pas qu’ils apprennent à lire et à écrire, comme dans le programme normal, en suivant un cycle scolaire régulier jusqu’au fondamental, secondaire. Ceux qui peuvent apprendre à lire, le font, mais nous visons surtout leur intégration sociale.

 

E-L -Comme vous dites que vous ‘’favorisez’’ la classe défavorisée, pouvez-vous nous dire combien paient les parents pour chaque enfant ?

G.F.T.-Ils ne paient rien à l’école. Quand ils font les examens cliniques, on leur demande 250 gourdes et parfois, 500 gourdes, suivant l’évaluation nécessaire.Mais, comme je vous l’ai déjà dit : 50% seulement arrivent à payer. L’école quant à elle, est gratuite. Le père ou la mère de l’enfant l’y conduit. Et dans chaque classe sont affectés 2 professeurs. Certaines classes comptent à peu près 15-20 enfants ; d’autres moins. Dans les classes des petits, on reçoit une série d’enfants présentant toutes sortes de troubles de comportements, de l’autisme ou bien des troubles moteurs. Ces enfants doivent avoir une surveillance spéciale, presqu’une (1) personne pour chacun d’eux. On a donc en général 2 ou 3 professeurs dans la classe. À noter qu’on reçoit plusieurs enfants autistiques.

 

E-L -Comment parvenir à identifier ces cas ?

G.F.T.-Ces enfants ne peuvent pas communiquer avec les autres. Ils sont totalement asociables. On retrouve ces cas d’autisme de plus en plus et partout dans le monde. C’est une maladie. Ce sont des enfants qui ne peuvent pas rester assis ; ils ne voient pas les gens ; ils ne parlent pas ; ils ont peur des autres. Ils subissent une pression terrible et dès qu’ils voient les autres ils explosent de colère. Ils deviennent agressifs, violents et mordent. Pour leurs parents, c’est une vraie catastrophe.


E-L –Que pouvez-vous obtenir de ces enfants ?

G.F.T.-On veut qu’ils deviennent autonomes. On travaille avec eux en stimulation globale.On travaille leur esprit mais en même temps, moi, en tant que physiothérapeute, je m’occupe du côté moteur pour stimuler leurs muscles à fonctionner normalement. Au fait, ils ont un problème de motricité. Ils font des mouvements incoordonnés ; ils sont raides oubien très flasques. Donc, on essaie d’orienter leurs mouvements soit vers la marche, soit vers la préhension, selon les objectifs de soins. Et on arrive à le faire avec des positionnements les rendant capables d’étirer leur corps et d’agir de façon spécifique avec les différentes parties de celui-ci.

 

E-L –Dans tous vos programmes, quels problèmes rencontrez-vous ?

G.F.T.-Le gros problème, c’est la carence de professionnels, parce que la stimulation précoce ne suffit pas.Il faut des interventions plus pointues. Il faut pouvoir travailler exactement sur les problèmes auxquels font face les enfants. Moi, comme physiothérapeute, je ne suis pas toujours là.On a besoin d’un orphotoniste à plein temps pour traiter des problèmes de langage. On en a un, mais il n’offre pas ses services tous les jours, parce qu’on n’a pas les moyens de lui payer. Il doit donc travailler dans sa clinique. Cette ressource est essentielle pour que l’enfant arrive à parler, communiquer avec les autres.Il nous faut également un orthopédagogue professionnel qui doit accompagner les enfants à déficiences intellectuelles sur les problèmes d’apprentissage en définissant des stratégies adaptées à chaque enfant. Puis, enfin, on a besoin d’un psychologue.

 

E-L –Aujourd’hui, y a-t-il des ressources que vous aviez antérieurement et dont vous ne disposez plus ?

G.F.T.-Oh oui ! On n’a plus de psychologue ni de psychiatre. Ce dernier intervenait pour tous les troubles de comportement chez les enfants qui devaient être placés sous médicaments en vue de les calmer et faciliter leur apprentissage. Certains pédiatres et neurologues nous rendent service pratiquement parce qu’on ne peut pas leur payer. On peut dire franchement qu’on a un bénévolat extraordinaire au CES. Les gens sont présents et font leur travail professionnellement.

 

E-L –Pouvez-nous expliquer les avantages du programme de stimulation précoce ?

G.F.T.-Un proverbe haitien dit : pi bonè se granm maten. Même quand il s’agit d’un enfant normal, on dit souvent que son avenir, pas seulement au plan intellectuel, dépend de son comportement de 0 à 6 ans. Physiologiquement, de 0 à 6 ans , toutes les cellules de son cerveau vont être matures et il faut stimuler cet enfant pour que ces cellules s’épanouissent, pour qu’elles se connectent avec les neurones, les axiomes,enfin, pour que le système nerveux central se mette en branle, pour qu’il soit bien rempli. Ceci vaut tant pour un enfant normal que pour celui dont le cerveau est malade. Chez ce dernier, certaines cellules ne se développeront pas, mais grâce à la plasticité cérébrale, il y en a plein qui se réveilleront à l’aide d’activités précises. Mais le travail doit être fait chaque jour et en tenant compte du développement de l’enfant. Par exemple, pour un enfant de 4 ans qui a le niveau de développement d’un enfant de 2 ans, on est obligé d’utiliser des activités pour enfants de 2 ans quand on travaille avec lui. Au niveau du langage, par exemple, on lui apprend à dire maman, papa, de façon régulière.On doit travailler avec les parents qui vont stimuler les enfants au quotidien.On apprend aux parents comment s’asseoir à table avec eux, comment tenir les couverts, les mêmes exercices qu’on fait avec les enfants normaux, sauf qu’ils sont eux-mêmes plus grands. La stimulation précoce renvoie donc à des activités, des apprentissages précis qui vont développer des habiletés chez l’enfant.

 

E-L -Quel est le rapport entre le programme de stimulation précoce et le retard mental ?

G.F.T.-Il est en rapport direct avec le retard mental. La stimulation précoce est connue dans le monde depuis à peine une cinquantaine d’années. Mais elle avait déjà fait ses preuves dans les milieux défavorisés, chez les enfants ayant un retard mental.On a remarqué comment ces enfants évoluaient très vite grâce à ce programme ;et parmi eux, chez les groupes ayant une déficience intellectuelle qualifiée à l’époque de plus grand retard, on a observé des progrès même à la maison, par rapport aux autres enfants qui n’étaient pas stimulés. Il a été établi scientifiquement que la stimulaton précoce aide au développement des enfants plus rapidement et plus tôt qu’on intervient.

 

E-L -Vous aviez l’habitude d’aider des écoles dans diverses zones du pays, ces programmes existent-ils encore?

G.F.T.-Non, pas beaucoup.Par exemple, on se réjouit du fait que l’école de Jacmel que nous avons épaulée ait trouvé d’autres personnes qui continuent à l’aider. C’est extraordinaire et appréciable.Mais on a perdu de vue les responsables de l’école du Cap. De même, à l’école des Cayes, il semble que le programme a continué, mais on ne peut plus suivre puisqu’on n’est pas en mesure de faire de supervision. On n’a plus de moyens de transport. On aimerait bien reprendre tous ces programmes.


E-L -Dans quelles zones ces programmes ont-ils apporté des résultats ?

G.F.T.-Cela marchait bien aux Cayes où l’on avait une clinique, le programme timoun byenvini, et la réhabilitation communautaire pour laquelle on formait des parents. Cela a aussi marché au Cap où l’on offrait également tous ces services. Et on leur envoyait des superviseurs dès qu’ils avaient des besoins de formation.

 

E-L –Ces programmes existaient-ils seulement dans les grandes villes ?

G.F.T.-Non. Les gens en provenance des zones avoisinantes de ces villes y venaient. C’était le cas pour le programme timoun byenvini avec la stimulation précoce dans les milieux défavorisés aux Gonaives. On avait des centres d’éducation préscolaire partout. Je ne me rappelle pas du nombre exact, mais on en supervisait une centaine dans tout le pays : Nord’Est, Nord’Ouest , Nord , Grand’Anse, etc.

 

E-L –Quelle a été l’attitude des parents quand les formations ont été organisées à leur intention ? Ont-ils manifesté un certain engouement ?

G.F.T.-Oui. À la clinique on exige que les parents soient présents. Et on n’interne pas les enfants.Les parents viennent avec les enfants et quel que soit leur niveau d’éducation, on peut constater qu’ils vivent avec la même peine que ceux qui sont au Canada ou en France la situation de leurs enfants, quand ils réalisent que ces enfants qu’ils attendaient tellement sont dans l’incapacité d’apprendre. Donc, ces parents ont besoin qu’on leur remonte le moral, et pour ce faire, on doit leur apprendre à travailler avec les enfants. Et ils le font comme ils l’apprennent. D’ailleurs, on avait même un programme d’alphabétisation au CES. On écrivait les instructions pour eux, et ils les exécutaient à la lettre avec les enfants. Des fois, pour les infirmes moteurs cérébraux, on est obligé de confectionner des appareils qui leur permettent de se tenir debout oubien de s’asseoir. Et on leur demande des frais. Ils font de leur mieux pour trouver cet argent dans l’espoir que leur enfant acquerra une meilleure autonomie.

 

CES

E-L -Maryse Jn Jacques, que pouvez-vous offrir à l’État pour qu’il n’aille pas chercher des expertises à l’étranger ?

M.J.J.-Intéressante question, parce qu’elle embrasse plusieurs volets. Elle tombe bien parce que l’Etat fait beaucoup d’efforts pour introduire l’éducation spéciale dans son programme scolaire.Par exemple, au CES dans le cadre du programme timoun byenvini, on savait faire des formations pour les professeurs en préscolaire du secteur public. Il faut dire que de plus en plus on parle d’éducation inclusive. Ce qui veut dire, nous espérons que dans un certain temps, il n’y aura plus d’écoles spéciales, mais des écoles qui accueillent et des enfants normaux et ceux présentant des problèmes. Tous les enfants seront mélangés et ils apprendront selon leur capacité. De la période à laquelle nous avons commencé à aujourd’hui nous avons fait beaucoup de chemin. Les parents, les handicapés ont fait beaucoup de plaidoyers pour obtenir des services. Ils revendiquent leurs droits et je pense que l’Etat commence à mieux connaître les écoles spéciales, les institutions comme St Vincent et au niveau des services qui nous concernent, il y a une volonté de collaborer.Quand on parle d’inclusion, on propose que les écoles nationales commencent à recevoir des enfants handicapés et les enfants normaux dans les mêmes salles de cours. Cependant, ceci nécessite un ensemble de préparatifs, des formations pour les professeurs.On l’a déjà fait au CES.On a une dizaine d’écoles où nous référons des enfants ayant un handicap intellectuel. Mais, on donne des formations aux professeurs ; on les supervise ; même le directeur est formé. Et, dans le temps, quand on le pouvait, on cherchait des financements de l’État ou du privé pour payer un ou deux professeurs. Ce n’est pas chose facile, mais les associations des personnes handicapées ont donné une impulsion à ce processus et la présence de la Secrétairerie d’État est importante.

 

E-L -Pensez vous que l’État et le CES sont prêts à mettre sur pied le réseau préscolaire public ?

M.J.J.-Non. L’État se charge des écoles publiques. Nous disposions nous autres d’un réseau d’écoles communautaires avec lesquelles nous travaillions.Mais l’État compte des écoles préscolaires.

 

E-L -Qui bénéficie de votre expertise ?

M.J.J.-On donne des formations aux professeurs, mais on ne sait pas comment ils les mettent en pratique puisqu’on n’ a pas de prise sur les écoles nationales. Mais on souhaite que, à tous les niveaux de l’enseignement public, l’État prenne en charge les enfants handicapés.


E-L -Est-ce que vous recevez de l’aide en Haïti ?

M.J.J.-Ni en Haiti ni ailleurs.Très peu, on vit une période extrêmement difficile. Nous trouvons des petits aides ponctuelles mais qui ne répondent pas à nos besoins. Sauf qu’on a reçu un grand support de Secours Catholique qui est en train de reconstruire notre local et il finance 20% seulement de notre fonctionnement.

 

E-L -Mais où trouvez-vous de l’argent pour couvrir les autres frais ?

M.J.J.-C’est pourquoi je vous ai dit qu’on ne paie pas les employés chaque mois au CES. Quand on sollicite des fonds localement, des petites levées de fonds, on se débrouille plus ou moins, mais on est très endetté et on ‘‘se doit’’.

 

E-L -Mais combien dépensez vous pour chaque enfant, par mois ?

M.J.J.-On peut avancer un chiffre approximatif , en faisant fi des allocations des médecins qui ne demandent pas véritablement un salaire. On peut estimer à 1600 environ les enfants fréquentant annuellement l’école et la clinique. Chaque enfant coûte 2,500 gourdes par mois, soit 30,000 gourdes par année. Il faut considérer que les enfants qui sont à l’école reçoivent tous les services de la clinique quand leur cas le nécessite.On n’évalue donc pas le prix de l’école mais celui de la clinique, parce que la clinique détermine ce qu’on fait avec l’enfant. Ne rentrent pas en ligne de compte les matériels. Les chaises spéciales dont parlait Ghislaine ne sont pas incluses dans ces chiffres parce que, on pouvait faire des demandes de financement auprès de certains organismes qui nous octroyaient des dons de 12.000 à 15.000 dollars. Mais nous n’avons plus de fonds importants, comme avant 2009, qui nous permettent de fonctionner .Et depuis lors, nous faisons face à un problème de manque de médicaments. Nous travaillons beaucoup avec les enfants épileptiques, qui sont suivis par un neurologue. Les médicaments appropriés coûtent extrêmement chers. Ce qui fait que maintenant, à l’école, le nombre d’enfants qui tombent en crise est élevé, parce que les parents ne peuvent plus se procurer les médicaments qu’ils recevaient gratuitement ou achetaient à moitié prix.

 

E-L -En perspective, prévoyez-vous des cours pour former des cadres ?

M.J.J.-Nous sommes un centre de formation, on dirait que j’ai omis de le souligner. Tous les professionnels du CES donnent des formations en éducation spéciale aux autres écoles existantes. Mais, on a l’intention, avec le Ministère et d’autres structures, de mettre sur pied un cours universitaire en éducation spéciale. Ceci ne constitue pas seulement notre projet puisque nous avons rallié tout le monde à cette idée et nous allons commencer à le concrétiser. Mais pour le moment , c’est nous qui donnons des formations en déficience intellectuelle aux professeurs, dans les écoles.

 

E-L -Les gens qui prennent ces formations paient-ils ?

M.J.J.-Non. D’habitude, on nous paie pour cela et nous leur donnons des per diem et autres, parce qu’on disposait d’un financement pour les formations. Au fait, le service de formaiton représente un de nos grands services.

 

E-L.-L’atelier de réhabilitation, comment le concevez-vous en matière de rentabilité ?

M.J.J.-Il s’agit plutôt d’un atelier protégé dont on diposait jusqu’en décembre 2009. Les enfants vont à l’école de 6 à 17 ans mais passé 17 ans ils vont à l’atelier. On l’appelle atelier protégé parce que les adultes ne peuvent pas travailler tout seul. Ils ont besoin d’un moniteur pour les accompagner dans leur apprentisage. Donc notre projet en 2010, c’était de faire de cet atelier un centre assez rentable. Naturellement le tremblement de terre a tout changé. Il peut devenir rentable mais dans un cadre d’inclusion comme on le voit dans d’autres pays où les ateliers protégés sont organisés avec des personnes handicapées (toutes sortes d’handicaps), des sourds, des aveugles, des handicapés intellectuels, des handicapés physiques, et même avec des gens vivant sans handicap. On avait commencé à élaborer un tel projet d’atelier inclusif et je crois qu’il est possible. On souhaiterait le mettre sur pied à partir de septembre 2014, quand la construction de notre local sera achevée.

 

E-L -Et pensez-vous à un centre de documentation ?

M.J.J.-Beaucoup d’efforts doivent être déployés. Tout comme on a pour les aveugles des bibliothèques spécifiques en braille, des matériels audio tels que livres sur cassettes, on aimerait monter un centre de documentation pour les déficients intellectuels. Car, dans le cas d’un aveugle on voit qu’il est aveugle, de même pour un sourd, mais quand un enfant (ou un adulte) est déficient, les gens ont du mal à le comprendre. Ils pensent que ces enfants ne veulent pas apprendre ou ne font pas d’efforts et on les fouette. Donc ce centre de documentation rendrait disponibles des livres pour aider les gens à comprendre. Au CES, on produit des livres et beaucoup de matériels, puis nous faisons nos formations en créole et nous publions en créole et en français.

 

E-L -Quel public pensez-vous pouvoir desservir ?

M.J.J.-Ces documents pourront être consultés par des étudiants, des parents… On veut monter un centre (de documentation) spécialisé dans les anomalies du développement. Donc, tout le monde devrait avoir accès à ces documents. On ne peut même pas encore budgétiser parce que cela coûtera cher.


E-L –Mais comment allez-vous faire pour trouver des moyens permettant de mettre sur pied cette activité ?

M.J.J.-On doit demander, entre autres, des subventions à des fondations qui aident à la mise sur pied de bibliothèques ou de centres de documentation. Mais on n’en est pas encore à cette phase. On est toujours prisionnier de la quotidienneté qu’on n’arrive même pas à gérer.

CES

 

E-L.-Ghislaine Fabien Thomas, quel message spécial adressez-vous au grand public ?

G.F.T.-À tous les parents, je dis qu’ils doivent observer leurs enfants de façon à pouvoir noter le moindre problème que ceux-ci peuvent présenter pour les emmener à un centre où l’on pourra détecter, dépister, intervenir pour les aider. Le deuxième message concerne tous ceux qui ont une forme de déficience, intellectuelle , sensorielle, physique, etc.. Que la société soit beaucoup plus ouverte envers ces gens parce que même si beaucoup de progrès y relatifs ont été accomplis, ils ont énormément de difficultés à vivre dans le pays. Je peux considérer les parents qui, pour emmener leur enfant au traitement, doivent mettre 2 à 3 heures. Il faut qu’ils se lèvent très tôt vers 3 h du matin, surtout s’ils habitent loin,à Carrefour par exemple, pour qu’ils arrivent au centre à 6 h am. J’aimerais que le transport en commun s’améliore.

M.J.J.-Je souhaite aussi l’amélioration du transport en commun, mais j’espère surtout qu’on puisse développer des antennes, pour que les parents ne soient pas obligés de venir à Port-au-Prince,s’ils habitent loin ; parce que ceux qui habitent aux Cayes, à Jérémie viennent chez nous. En outre, il est vrai que les handicaps ne peuvent pas être considérés comme des problèmes de santé, mais les personnes handicapées ont besoin des services de santé également. Donc, le Ministère de la Santé publique doit s’impliquer dans les centres de santé où les enfants pourraient venir pour être évalués. Il y a plein de choses qui manquent, mais on ne va pas désespérer du tout, parce que nous tenons le flambeau que Denise Fouchard nous a légué. Nous avons beaucoup travaillé en équipe au CES. Ainsi, non seulement au nom de Babou mais aussi au nom de tous les professionnels qui ont prêté leurs services à ce Centre et qui y ont travaillé souvent bénévolement, nous tenons ce flambeau. Mais l’essentiel, c’est le manque d’argent. Pour les services, nous continuerons à accompagner les associations de parents dans des plaidoyers pour leur développement et surtout pour leur décentralisation.

 

E-L –Pouvez-vous préciser l’adresse du CES pour le public ?

M.J.J.-Nous sommes à Port-au Prince, 73, rue de l’Enterrement, en face du Collège Bird, à côté de Image technique. Nous sommes à cette adresse depuis notre fondation.

 

E-L -Et vous n’avez pas de numéros de téléphone pour les contacts ?

M.J.J.-C’est le 3731 6646 et le courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ; éducation_spé Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

 

E-L.-Un tout dernier mot ?

G.F.T. On a toujours rêvé au CES que tous les dispensaires en Haiti aient une salle réservée à la petite enfance où l’on peut recevoir les enfants, pour assurer la détection des déficiences et les stimulations.On souhaite que ce rêve se concrétise.

 

E-L -Mais avez-vous déjà entrepris des démarches en ce sens ?

G.F.T.-Oui. Ceci existait dans 2 ou 3 centres materno-infantiles publics ou mixtes, mais n’a pas continué, comme c’est le cas pour presque tout ce qui est lié à l’État en Haïti. De toute façon, nous, on continue ces démarches pour qu’il existe en Haiti des centres de petite enfance que tous les enfants puissent frequenter dès l’age de 6 mois à 1 an pour bénéficier des services de stimulation.

 

E-L -Ghislaine Fabien Thomas, Maryse Jean Jacques, ENFO-LIEN vous remercie et à la prochaine.

G.F.T.-Nous remercions ENFO-LIEN pour ce grand service qu’il nous a offert en nous permettant de parler du CES.

M.J.J.-C’est à nous de remercier ENFO-LIEN. Vraiment, vous nous avez permis de nous exprimer, bien qu’il y aurait encore d’autres choses à dire, mais j’espère que nous trouverons d’autres opportunités. Merci beaucoup.

 

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TERRE, EAU, SEMENCES, ENVIRONNEMENT, CHEMINS DE LA VIE - MOBILISATION DU MPP : JOUR DE L’ENVIRONNEMENT

MPP

À l’occasion du 5 Juin, journée internationale de l’environnement, depuis quelque temps, le MPP (Mouvement Paysan de Papaye), en collaboration avec d’autres organisations paysannes, se mobilise sur la question des semences indigènes et la biodiversité en général. Le 5 Juin 2010, le MPP avait organisé une grande manifestation contre Mosanto qui avait fait don au gouvernement haïtien de semences de maïs hybrides ou OGM (organismes génétiquement modifiés) ; un cadeau empoisonné visant à éliminer les semences locales. Cette marche avait rassemblé plus de 20,000 paysans venus des quatre coins du pays.

Chaque année, le MPP entreprend des activités pour rafraîchir la mémoire sur les semences indigènes dont les paysans sont dépositaires, pour les mettre au service de l’humanité.  Ce sont les paysans et les peuples indigènes qui doivent gérer ces semences pour produire les aliments sains devant nourrir les populations de la planète. Aujourd’hui, les multinationales de l’agrobusiness veulent dépouiller les paysans de ce bien. Et nous autres, nous luttons contre cette machine. Nous défendons le droit à la production et l'utilisation de ces semences.

Les 4 et 5 Juin 2014, au Centre national de formation de cadres paysans de Papaye, les organisations membres du CLOC, de Via Campesina, en l’occurrence le MPP, le MPNKP (Mouvement Paysan National du Congrès de Papaye), TK (Tèt Kole), avec la participation de KROSE (Coordination Régionale des Organisations du Sud-Est), lanceront une grande mobilisation sur le thème : TERRE, EAU, SEMENCES, ENVIRONNEMENT, CHEMINS DE LA VIE.

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Conférence sur la République démocratique du Congo et Haïti: Pour la Sagesse et la Paix

ASSOCIATION DUCHAMPS-LIBERTINO

ASSOCIATION DUCHAMPS-LIBERTINO pour l'encouragement de la Sagesse et de la Paix dans le Monde

CONFÉRENCE DE MARTINE LIBERTINO LE 29 AVRIL 2014

S'affranchir des émotions dans les programmes d'éducation pour la paix et dans l'aide au développement

Bilan et perspectives en République Démocratique du Congo et en Haïti

Le mardi 29 avril 2014 à 19h

Maison des Associations

Salle Rachel Carson

15, rue des Savoises • 1205 Genève

(de la gare : Tram 15 et bus 1)

Entrée libre

Réservation au 022 751 11 20 ou par courrier électronique ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) jusqu'au lundi 28 avril.

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« Le discours ou l’imaginaire de la refondation nationale actuellement en circulation fait référence à la première fondation qui institua la société double non séparée.»
Franklin Midy, sociologue, février 2010

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